La dernière fois que j’ai mis les pieds au Dynamo Werk21, c’était pour A Day To Remember, il y a plus de dix ans. Je me rappelle encore de cette ambiance particulièrement intimiste, due notamment à la petite taille de la salle.
Ce soir, j’y retourne pour couvrir The Kate Effect et UNEARTH, dans le cadre du European Summer Tour. Une tournée qui passera d’ailleurs deux fois par la Suisse, puisque les Américains fouleront quelques jours plus tard la scène du Sunset Bar de Martigny.
Mais avant de parler du concert, difficile de ne pas remettre un peu les choses dans leur contexte.
Unearth, c’est l’un de ces groupes qui ont profondément marqué leur style de musique.
Unearth, ce sont les prémices du metalcore tel qu’une génération entière va ensuite le connaître et s’y identifier. Aux côtés de groupes comme Killswitch Engage, Shadows Fall ou encore Chimaira, ils font partie de ceux qui ont marqué au fer rouge bon nombre de métalleuses et métalleux au début des années 2000.
En 2004, The Oncoming Storm et son incontournable The Great Dividers marquent un véritable tournant dans la carrière du groupe. Pour ma part, l’album qui m’aura le plus marqué reste The March, sorti en 2008, avec des morceaux comme My Will Be Done, The Crow Killer ou encore The March.
Mais assez papoté.
Passons aux choses sérieuses.
Ce soir, pas de crash-barrière.
Ce soir, c’est au plus proche des musiciens.
THE KATE EFFECT
Le groupe zurichois The Kate Effect est venu enfoncer un peu plus le clou et rappeler, s’il le fallait encore, que la Suisse n’a absolument pas à rougir de sa scène metal.
Les cinq compatriotes mettent le feu au Dynamo en deux temps, trois headbangs, notamment en défendant leur dernier EP sorti quelques mois plus tôt.
Actif depuis maintenant quinze ans, le groupe nous livre un set solide, énergique et surtout débordant de sourires.
Et ce soir, The Kate Effect joue clairement à domicile.
Pas besoin de conquérir le public : la salle est déjà acquise à sa cause avant même que les premières notes ne résonnent. On sent immédiatement qu’une bonne partie du Dynamo est venue aussi pour eux, prête à leur rendre toute l’énergie qu’ils vont envoyer depuis la scène.
Et de l’énergie, les cinq Zurichois n’en manquent clairement pas.
Fort de toutes ces années passées à écumer les scènes helvétiques, The Kate Effect déroule un live puissant et parfaitement maîtrisé, porté par un public qui répond présent dès les premières secondes.
Et puis il y a Lukas Villiger.
Serre-tête vissé sur le crâne, quelque part entre frontman metal et Roger Federer prêt à disputer une finale à Wimbledon, il nous envoie revers sur revers pendant tout le set.
Derrière lui, le reste du groupe se charge du coup droit final : gros riffs précis, énergie communicative et batterie qui cogne comme il faut.
Jeu, set et match !
Le public était déjà conquis.
Les cinq musiciens viennent simplement de lui rappeler pourquoi.
Les T-shirts sont trempés.
UNEARTH
Place maintenant à l’un des tauliers du metalcore 100 % américain !
Que dis-je…
80 % américain ce soir.
Car derrière les fûts se trouve Dylan Watson, un gars bien de chez nous qui assure la batterie sur cette tournée. Un nom que certains connaissent également pour son jeu au sein du groupe suisse Kassogtha.
Il est un peu plus de 21 heures lorsque Unearth ouvre les hostilités avec The Wretched; The Ruinous, tiré de leur dernier album en date.
Les nuques, déjà parfaitement échauffées par The Kate Effect, reprennent immédiatement du service.
Le ton est donné.
Et au vu des premières secondes, le set d’Unearth ne compte clairement pas faire retomber la pression laissée par The Kate Effect.
Incinerate, excellent morceau tiré de Extinction(s), continue de faire grimper le mercure au Werk21. La foule commence sérieusement à s’animer, les pogos prennent de l’ampleur et Trevor Phipps dirige tout ce petit monde à grands coups de screams dont il semble toujours posséder la recette après toutes ces années.
The Glorious Nightmare, This Lying World, Zombie Autopilot ou encore Mother Betrayal vont ensuite défiler au rythme de la double pédale, des riffs tranchants, des solos parfaitement maîtrisés par Buz McGrath et de crowd-surfing pour les plus téméraires.
Mais Unearth n’en a clairement pas terminé avec nous.
Place maintenant aux morceaux qui ont marqué son histoire.
Et histoire de ne nous laisser absolument aucun répit, le groupe décide d’enchaîner trois de ses morceaux les plus emblématiques :
The Great Dividers.
My Will Be Done.
My Heart Bleeds No Longer.
Trois morceaux.
Trois époques.
Trois énormes claques.
La révélation avec My Heart Bleeds No Longer.
La reconnaissance avec The Great Dividers.
La quintessence avec My Will Be Done.
À eux seuls, ces trois titres racontent une bonne partie de l’histoire d’Unearth.
Ils racontent aussi pourquoi, près de trois décennies après sa formation, le groupe continue d’exercer une telle influence sur le metalcore et sur plusieurs générations de musiciens et de fans.
Et surtout, ils rappellent quelque chose de très simple : certains riffs vieillissent.
Ceux d’Unearth, non !
La soirée se terminera avec Endless et l’inévitable Black Hearts Now Reign, achevant de mettre The Oncoming Storm à l’honneur.
Un album sorti il y a plus de vingt ans.
Et pourtant, dans cette petite salle zurichoise trempée de sueur, difficile de lui trouver la moindre ride.
Comme quoi, en musique, ancien ne rime pas forcément avec dépassé.
Certains groupes s’effacent avec le temps.
D’autres deviennent intemporels.
Unearth appartient définitivement à la deuxième catégorie.
Une fois n’est pas coutume, notre journaliste propose également son texte en allemand :
Das letzte Mal, dass ich einen Fuss ins Dynamo Werk21 gesetzt habe, war bei A Day To Remember – vor mehr als zehn Jahren. Ich erinnere mich noch gut an diese besonders intime Atmosphäre, die nicht zuletzt der kleinen Grösse des Saals zu verdanken war.
Heute Abend bin ich zurück, um The Kate Effect und UNEARTH im Rahmen ihrer European Summer Tour zu begleiten. Eine Tour, die übrigens gleich zweimal in der Schweiz Halt macht, denn nur wenige Tage später werden die Amerikaner auch im Sunset Bar in Martigny auf der Bühne stehen.
Doch bevor wir über das Konzert sprechen, lohnt sich ein kurzer Blick auf den Kontext.
Unearth gehören zu jenen Bands, die ihren eigenen Musikstil nachhaltig geprägt haben.
Unearth stehen sinnbildlich für die frühen Jahre jenes Metalcore-Sounds, den später eine ganze Generation entdecken und mit dem sie sich identifizieren sollte. Gemeinsam mit Bands wie Killswitch Engage, Shadows Fall oder Chimaira gehören sie zu jenen Namen, die sich Anfang der 2000er tief in das Gedächtnis unzähliger Metalheads eingebrannt haben.
2004 markierte The Oncoming Storm mit dem unverkennbaren The Great Dividers einen echten Wendepunkt in der Karriere der Band. Mich persönlich hat jedoch vor allem The March aus dem Jahr 2008 geprägt, mit Songs wie My Will Be Done, The Crow Killer oder The March.
Aber genug geredet.
Jetzt wird es ernst.
Heute Abend gibt es keine Absperrung vor der Bühne.
Heute Abend sind wir den Musikern so nah wie nur möglich.
THE KATE EFFECT
Die Zürcher von The Kate Effect kommen, um noch einmal deutlich zu machen, dass sich die Schweizer Metalszene definitiv vor niemandem verstecken muss.
Die fünf Lokalmatadoren setzen das Dynamo im Handumdrehen in Brand und präsentieren dabei unter anderem ihre wenige Monate zuvor erschienene EP.
Seit mittlerweile fünfzehn Jahren ist die Band aktiv und liefert an diesem Abend ein solides, energiegeladenes Set voller Spielfreude und breitem Grinsen.
Und heute Abend ist eines sofort klar: The Kate Effect spielen zu Hause.
Das Publikum muss nicht erst überzeugt werden. Noch bevor der erste Ton erklingt, ist der Saal längst auf ihrer Seite. Man spürt sofort, dass ein grosser Teil des Publikums auch ihretwegen gekommen ist und bereit ist, jede einzelne Portion Energie von der Bühne zurückzugeben.
Und an Energie mangelt es den fünf Zürchern ganz sicher nicht.
Nach all den Jahren auf den Bühnen der Schweiz liefert The Kate Effect einen kraftvollen und souveränen Auftritt, getragen von einem Publikum, das von der ersten Sekunde an mitzieht.
Und dann wäre da noch Lukas Villiger.
Mit fest sitzendem Stirnband, irgendwo zwischen Metal-Frontmann und Roger Federer kurz vor einem Wimbledon-Finale, feuert er uns während des gesamten Sets einen Rückhand-Schlag nach dem anderen entgegen.
Den finalen Vorhand-Schlag übernimmt der Rest der Band: massive, präzise Riffs, ansteckende Energie und ein Schlagzeug, das genau so drückt, wie es soll.
Spiel, Satz und Sieg!
Das Publikum war ohnehin schon überzeugt.
Die fünf Musiker haben ihm lediglich noch einmal gezeigt, warum.
Die T-Shirts sind durchnässt.
UNEARTH
Jetzt ist es Zeit für einen der ganz grossen Namen des zu 100 % amerikanischen Metalcore!
Moment mal …
Heute Abend sind es eher 80 %.
Denn hinter dem Schlagzeug sitzt Dylan Watson, einer von uns, der auf dieser Tour die Drums übernimmt. Ein Name, den einige auch von der Schweizer Band Kassogtha kennen dürften.
Es ist kurz nach 21 Uhr, als Unearth mit The Wretched; The Ruinous die Kampfhandlungen eröffnen, einem Song aus ihrem bislang letzten Album.
Die Nacken, die von The Kate Effect bereits bestens aufgewärmt wurden, nehmen sofort wieder ihre Arbeit auf.
Der Ton ist gesetzt.
Und schon nach den ersten Sekunden ist klar, dass Unearth nicht die geringste Absicht haben, den von The Kate Effectaufgebauten Druck abfallen zu lassen.
Incinerate, ein hervorragender Song aus Extinction(s), lässt die Temperatur im Werk21 weiter steigen. Das Publikum kommt nun endgültig in Bewegung, die Pits werden grösser und Trevor Phipps dirigiert die Menge mit seinen kraftvollen Screams, deren Rezept er selbst nach all den Jahren noch immer perfekt zu kennen scheint.
The Glorious Nightmare, This Lying World, Zombie Autopilot und Mother Betrayal folgen im Takt von Doublebass, messerscharfen Riffs, souverän gespielten Soli von Buz McGrath und einer Portion Crowd-Surfing für die Mutigsten.
Doch Unearth sind noch lange nicht fertig mit uns.
Jetzt kommen die Songs, die ihre Geschichte geprägt haben.
Und weil uns die Band offensichtlich keine einzige Verschnaufpause gönnen will, reiht sie drei ihrer ikonischsten Stücke direkt aneinander:
The Great Dividers.
My Will Be Done.
My Heart Bleeds No Longer.
Drei Songs.
Drei Epochen.
Drei gewaltige Schläge.
Der Durchbruch mit My Heart Bleeds No Longer.
Die Anerkennung mit The Great Dividers.
Die Quintessenz mit My Will Be Done.
Allein diese drei Songs erzählen einen grossen Teil der Geschichte von Unearth.
Sie zeigen auch, weshalb die Band fast drei Jahrzehnte nach ihrer Gründung noch immer einen so grossen Einfluss auf den Metalcore und auf mehrere Generationen von Musikern und Fans ausübt.
Und vor allem erinnern sie uns an etwas sehr Einfaches: Manche Riffs altern.
Die von Unearth nicht.
Der Abend endet mit Endless und dem unvermeidlichen Black Hearts Now Reign und rückt damit The Oncoming Stormnoch einmal deutlich ins Rampenlicht.
Ein Album, das vor mehr als zwanzig Jahren erschienen ist.
Und trotzdem ist es in diesem kleinen, schweissgetränkten Zürcher Saal schwierig, auch nur eine einzige Falte daran zu finden.
Denn in der Musik bedeutet alt noch lange nicht überholt.
Manche Bands verblassen mit der Zeit.
Andere werden zeitlos.
Unearth gehören definitiv zur zweiten Kategorie.
Texte et photos : François de Goumoëns / @danslafosse.medias
Galerie Unearth
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