Incontournables de l’été rock, les légendaires concerts de la Rocklette du PALP Festival attirent tous les chevelus du pays et d’outre-Helvétie pour des après-midi épicuriens inoubliables dans le val de Bagnes. Trois à quatre formations dans l’après-midi – rock psychédélique, doom et stoner sont en principe rois – et les meilleurs produits du Vieux-Pays pour régaler le public. En ce dimanche 9 août, nous prenions la télécabine depuis Le Châble jusqu’aux Mayens de Bruson avant de rallier le charmant couvert de Goly au bout d’une courte marche offrant une vue imprenable sur Verbier.
Daevar, groupe de stoner / doom-grunge allemand, lance la journée musicale sous les sapins et mélèzes sur le coup de 12h30 et un soleil de plomb. Trois albums à son actif, dont le nouveau sorti l’an dernier (« Sub Rosa », The Lasting Dose Records ), lui apportent une reconnaissance grandissante. Sa musique est caractérisée par un rythme Lo-Fi, des mélodies lourdes sur lesquelles se posent la voix envoûtante et les mélopées de Pardis Latifi. Point d’orgue de l’heure de concert du trio de Cologne avec l’intense ‘Leila’ dédiée au peuple iranien.
Peu avant 14h00, les deux pointures du PALP (Sébastien Olesen, directeur et Eddy Baillifard, pape de la raclette) prennent le micro pour les recommandations de sécurité et remerciements d’usage. Sa Sainteté Eddy souhaite la bienvenue aux festivaliers pour « le plus beau concert d’Europe centrale » tout en leur recommandant « de bien s’hydrater » et de nous « laisser dans les mains de l’énergique groupe Kadavar ».
Kadavar, un pur bonheur de retrouver le groupe berlinois au PALP après sa prestation anthologique de 2019. Le désormais quatuor figure parmi les cadors du stoner à tendance psychédélique, fort de son dernier album en date sorti en 2025 (« Kids Abandoning Destiny Among Vanity And Ruin », Clouds Hill). Le public massé devant la scène est aux anges et réserve un accueil triomphal au groupe (la journée est sold out, environ 1000 personnes). Très vite, headbangers et crowdsurfers sont en action pour le plus grand plaisir des Berlinois qui donnent tout sur scène avec un son aussi bon que puissant. Une petite pluie fine et bienvenue n’entamera pas l’enthousiasme des fans. Gros coup de cœur pour ‘Black Sun’, le pêchu ‘Doomsday Machine’, le groovy ‘Last Living Dinosaur’, la cavalcade de ‘Generation’ et l’imparable ‘Lord of the Sky’ qui clôture un set dynamique et jouissif.
A l’heure du thé, ce sont les Etasuniens de Corrosion of Conformity qui foulent l’herbe du couvert de Goly. Les vétérans de Caroline du Nord sévissent depuis le début des années 80, ayant fusionné les styles metal, punk, blues et stoner pour un son aussi puissant qu’original. Leur dernier album « Good God / Baad Man » paru en début d’année chez Nuclear Blast Records les remet sur le devant de la scène. Une musique parfois brutale et sauvage comme un shot d’adrénaline qui rappelle Clutch ou Rage Against the Machine. On a aimé le heavy ‘Seven Days’, l’imposant ‘You or Me’, l’atmosphérique ’13 Angels’ et le classieux ‘Baad Man’. Deux classiques en guise de rappels, ‘Albatross’ et ‘Clean My Wounds’, extraits de « Deliverance » (Columbia Records, 1994).
Les concerts Rocklette auront lieu jusqu’à mi-août, migrant notamment du côté du magnifique col de Lein. Si vous êtes libres, n’hésitez pas et mettez le cap sur le val de Bagnes.
Texte : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey
Photos : Alexandra Hernandez