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GREENFIELD FESTIVAL 2026 – Vendredi

Compte-rendu de la journée du vendredi 12 juin 2026


Le vendredi a débuté avec la prestation de Moment of Madness, un groupe qui semble désormais parfaitement à l’aise sur les scènes des grands festivals. Bien que chargés d’ouvrir la Jungfrau Stage en début d’après-midi, les Suisses ont su attirer un public déjà nombreux et particulièrement réceptif. Dès les premiers morceaux, le groupe a démontré qu’il avait toute sa place sur la grande scène grâce à une présence scénique remarquable et une énergie communicative. Une grande partie de cette dynamique repose sur le charisme de son chanteur Andrea Leandro Perin. Grâce à son bilinguisme et à son aisance naturelle sur scène, il parvient à maintenir un contact permanent avec le public, contribuant largement à l’énergie communicative qui se dégage de la prestation. Les festivaliers se sont rapidement prêtés au jeu, participant aux chants et répondant avec enthousiasme aux sollicitations du groupe. 

Le concert a également mis en lumière la qualité des compositions de Moment of Madness. Des titres comme ‘Run Free’, ‘Déjà Vu’, ou encore ‘Far Away’ ont confirmé la capacité du groupe à mélanger mélodies accrocheuses et puissance metalcore avec beaucoup de maturité. Malgré quelques légers problèmes techniques apparus au milieu de leur prestation, les musiciens n’ont jamais semblé déstabilisés et ont poursuivi leur concert avec un professionnalisme exemplaire. On retiendra notamment la performance impressionnante du guitariste Felipe Motta, dont la maîtrise technique et l’aisance sur scène continuent de marquer les esprits. À l’issue de cette prestation convaincante, difficile de ne pas penser que Moment of Madness n’est plus qu’à quelques pas d’une reconnaissance bien plus large. Avec des compositions solides, des musiciens talentueux et une expérience scénique qui ne cesse de grandir, le groupe confirme qu’il fait partie des formations suisses les plus prometteuses de la scène metalcore actuelle.

Lauréat du Tremplin Greenfield, De l’Abîme Naît l’Aube figurait parmi les curiosités de cette édition 2026. Les ayant déjà vus auparavant, je n’étais pas forcément convaincue que leur univers trouverait sa place dans un festival comme le Greenfield. Leur musique, bien plus introspective et immersive que la majorité des groupes à l’affiche, semble en effet davantage destinée à des salles plus intimistes qu’à une grande scène en plein air. Pourtant, cette prestation m’a agréablement surprise. À croire que le Greenfield donne des ailes à certains artistes : le groupe a su adapter son univers à l’ampleur de l’événement sans perdre son identité. J’ai également été étonnée par le nombre de personnes présentes devant la scène, preuve que leur proposition artistique a su éveiller la curiosité des festivaliers.

Musicalement, le groupe évolue dans un registre que l’on pourrait qualifier de post-metal atmosphérique aux influences black metal et folk rituel, mêlant passages contemplatifs, montées en puissance et ambiances presque cérémonielles. Cette approche très singulière, portée par des atmosphères hypnotiques et des contrastes marqués entre douceur et intensité, se démarquait nettement du reste de l’affiche. Finalement, cette différence a constitué l’une des forces de leur concert, offrant une parenthèse originale au cœur d’une programmation dominée par des sonorités plus directes et agressives.

The Butcher Sisters ont apporté une parenthèse inattendue dans cette journée de festival. Ce n’est pas forcément un groupe que j’écouterai une fois rentrée chez moi, ni un style musical qui me correspond particulièrement, mais leur concert restera comme l’un des moments les plus décalés et les plus amusants du week-end. Entre leur esthétique volontairement excessive, leur humour omniprésent, leur énergie communicative et des séquences complètement absurdes comme celle des bananes : tout festivaliers avec un sac banane avait la mission de la faire tourner en l’air ; tellement décalé ! Ils ont réussi à créer une ambiance unique. Même sans comprendre les paroles, on se laisse entraîner dans leur univers et on ressort avec le sourire. Un moment léger, surprenant et hors du temps, qui a apporté une touche de folie bienvenue à cette journée de festival.

Pour ma part, All Time Low a été une véritable découverte sur scène. Originaire de Towson, dans le Maryland aux États-Unis, le groupe a rapidement démontré pourquoi il s’est imposé comme l’une des références de la scène pop-punk moderne. Dès les premiers morceaux, on reconnaît immédiatement un punk mélodique convaincant, porté par une présence scénique dynamique et parfaitement en accord avec l’esprit du genre. Tout au long de leur prestation, les Américains ont alterné entre énergie communicative et morceaux plus mélancoliques, tout en conservant des refrains particulièrement accrocheurs. Malgré une chaleur écrasante et un soleil de plomb qui pesaient sur le site du festival, le public est resté nombreux devant la scène et a répondu avec enthousiasme aux différentes sollicitations du groupe. Une prestation solide qui a permis de maintenir l’ambiance et de confirmer la capacité d’All Time Low à fédérer un large public grâce à des compositions accessibles et efficaces.

Originaire d’Allemagne, In Extremo est désormais un habitué des grandes scènes européennes et une valeur sûre des festivals de metal. Fidèle à sa réputation, le groupe a une nouvelle fois proposé un spectacle particulièrement soigné, où costumes, mise en scène, pyrotechnie et instruments traditionnels se mêlent à des riffs puissants pour créer une expérience unique. Chaque passage d’In Extremo semble suivre une recette bien rodée, mais toujours aussi efficace auprès du public. Il faut dire que le groupe bénéficie depuis longtemps d’une solide popularité en Suisse alémanique, où il rassemble systématiquement de nombreux fans. À titre personnel, leur univers musical n’a jamais réellement été ma tasse de thé, et malgré plusieurs occasions de les voir sur scène, je n’ai jamais été totalement convaincue. Toutefois, il est difficile de rester insensible à l’engouement qu’ils suscitent. Face à un public particulièrement investi, chantant et réagissant au moindre appel du groupe, force est de constater qu’In Extremo maîtrise parfaitement son sujet. Une fois encore, les Allemands ont démontré leur capacité à fédérer une communauté de fans fidèle et passionnée, confirmant leur statut d’incontournables de la scène folk metal européenne.

L’un des moments les plus attendus de cette journée restait sans aucun doute le passage de Sepultura. Les légendes brésiliennes du metal sont actuellement engagées dans leur tournée d’adieu ‘Celebrating Life Through Death’, et il y avait quelque chose de particulièrement émouvant à les voir fouler la scène du Greenfield. Pour de nombreux fans de metal, Sepultura fait partie de ces groupes qui ont toujours accompagné leur parcours musical, présents dans les playlists depuis les premières découvertes du genre. Au fil des décennies, le groupe a su évoluer, traverser les changements de line-up et les différentes époques du metal tout en conservant une identité immédiatement reconnaissable. J’ai été particulièrement surprise par l’énergie déployée sur scène. Peut-être est-ce l’effet de cette dernière tournée, mais le groupe semblait animé d’une motivation et d’un enthousiasme communicatifs. Le son était excellent, puissant tout en restant parfaitement lisible, permettant à chaque morceau de prendre toute son ampleur. Le chanteur Derrick Green s’est montré particulièrement engagé, multipliant les échanges avec le public et affichant une disponibilité qui a largement contribué à l’ambiance du concert.

La setlist a fait la part belle aux classiques qui ont construit la réputation du groupe. Des titres emblématiques comme ‘Inner Self’, ‘ Desperate Cry’, ‘Kairos’, ‘Attitude’, ‘Territory’ ou encore’ Roots Bloody Roots’ ont déclenché un enthousiasme immédiat dans le public, rappelant à quel point le répertoire de Sepultura a marqué plusieurs générations de fans de metal. Chaque morceau semblait célébrer une partie de l’histoire du groupe, renforçant encore davantage le caractère particulier de cette tournée d’adieu. Autre moment de partage la présence de musiciens d’In Extremo pour les percussions sur ‘Kaiowas’, qui en dit long sur l’ouverture d’esprit de ce groupe. Plus qu’un simple concert, cette prestation avait des allures d’hommage à plus de quarante ans de carrière. En quittant la scène, Sepultura a une nouvelle fois démontré pourquoi son nom demeure incontournable dans l’histoire du metal mondial, laissant derrière lui l’impression d’avoir assisté à un moment qui ne se reproduira plus.

Originaire d’Allemagne, Itchy a apporté une bonne dose d’énergie punk-rock au Greenfield Festival. Sans forcément figurer parmi les groupes les plus médiatisés de l’affiche, le trio a su convaincre grâce à une prestation dynamique et efficace. Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié ce concert, porté par une énergie communicative et une ambiance très positive. Les musiciens ont rapidement réussi à embarquer le public avec eux, enchaînant les morceaux dans un esprit résolument festif. Sans chercher à révolutionner le genre, Itchy maîtrise parfaitement les codes du punk-rock mélodique et les met au service d’un concert vivant et sincère. Le public a répondu présent tout au long de la prestation, confirmant une nouvelle fois la capacité du groupe à créer une véritable proximité avec les festivaliers. Une belle surprise qui a contribué à maintenir le niveau d’énergie élevé tout au long de cette journée particulièrement riche en concerts.

Pour beaucoup de festivaliers, I Killed The Prom Queen représentait un véritable retour aux sources du metalcore. Originaire d’Adélaïde en Australie, le groupe est souvent considéré comme l’un des précurseurs du genre et a influencé de nombreuses formations aujourd’hui incontournables. Ne connaissant pas particulièrement leur répertoire, j’ai découvert un groupe bénéficiant d’une solide réputation auprès des amateurs de musique lourde. Dès les premiers morceaux, il était évident que le public présent savait exactement ce qu’il venait chercher. Entre riffs percutants, énergie brute et passages typiques du metalcore des années 2000, les Australiens ont proposé une prestation efficace et sans artifices. L’enthousiasme du public, particulièrement réactif tout au long du concert, témoigne de l’importance qu’occupe encore aujourd’hui I Killed The Prom Queen dans l’histoire du metalcore. Même sans être familière avec leur discographie, il était facile de comprendre pourquoi le groupe continue de susciter autant de respect et d’attachement auprès des fans du genre.

S’il y a bien un concert qui a mis tout le monde d’accord ce vendredi, c’est celui de Architects. Les Britanniques ont livré une prestation tout simplement exceptionnelle, confirmant leur statut de référence incontournable du metalcore moderne. Dès les premières notes, l’ambiance est montée d’un cran et n’est jamais redescendue. Porté par un public entièrement acquis à sa cause, le groupe a enchaîné les morceaux avec une intensité rare, transformant la foule en un immense terrain de jeu entre circle pits, crowdsurfers et chants repris à l’unisson. L’énergie qui se dégageait aussi bien de la scène que du public était tout simplement impressionnante. La setlist a fait la part belle aux titres devenus incontournables de leur répertoire, avec notamment ‘Animals’, Doomsday’, ‘Seeing Red’, ‘Curse’ ou encore ‘When we were young’, déclenchant à chaque fois une réaction immédiate des festivaliers. Mené par un Sam Carter particulièrement en forme, le groupe a démontré une maîtrise totale de son sujet, alternant passages fédérateurs, moments plus émotionnels et décharges d’énergie explosives. À cela s’ajoutait un light show spectaculaire qui sublimait parfaitement chaque morceau et renforçait encore davantage l’impact du concert. 

Tout semblait réuni pour offrir une expérience mémorable : un son puissant, une scénographie soignée, un public survolté et un groupe au sommet de son art. On avait véritablement l’impression d’assister à l’un des grands moments du festival. Et c’est peut-être là le plus beau compliment que l’on puisse faire à Architects : lorsque les dernières notes ont retenti, une seule pensée traversait l’esprit de nombreux spectateurs, celle de vouloir prolonger ce concert encore une heure ou deux tant l’expérience avait été intense et captivante.

Pour clôturer cette deuxième journée du festival, Bad Omens avait la lourde tâche de succéder à l’immense prestation d’Architects. Une mission qui pouvait sembler presque impossible tant les Britanniques avaient placé la barre haut. Pourtant, dès les premières minutes, les Américains ont démontré qu’ils avaient toute leur place en tête d’affiche. C’était la première fois que je les voyais sur scène et, même si je connaissais déjà certains de leurs morceaux, je ne m’attendais pas à être autant transportée par leur univers. Difficile de définir précisément le style de Bad Omens. Le groupe navigue entre metalcore moderne, rock alternatif, éléments électroniques et passages presque atmosphériques, créant une identité sonore qui lui est propre. Cette dualité permanente entre puissance et fragilité constitue sans doute l’une de ses plus grandes forces. Au cours du concert, des morceaux plus intenses comme ‘Artificial Suicide’, Dethrone ou ‘Like a Villain’ côtoyaient des titres plus mélodiques et émotionnels tels que ‘The Death of Peace of Mind’, ‘Just Pretend’ ou ‘Careful What You Wish For’, illustrant parfaitement cette capacité à passer d’une ambiance à l’autre sans jamais perdre en cohérence. Ce qui m’a le plus marquée reste sans doute l’impression de sincérité qui se dégageait de l’ensemble de la prestation. Plus qu’un simple concert, on avait l’impression d’assister à l’expression d’un univers artistique entièrement assumé. Sans être ce que l’on pourrait qualifier de « bêtes de scène » au sens traditionnel du terme, les membres du groupe parviennent à captiver autrement. Les immenses écrans, les projections visuelles et l’atmosphère soigneusement travaillée donnaient au spectacle une dimension presque cinématographique. Par moments, on avait véritablement l’impression d’être transporté ailleurs, dans un autre univers, voire sur une autre planète. L’importante affluence devant la scène témoignait d’ailleurs de l’attente suscitée par cette prestation. Et au fil des morceaux, il devenait évident que je n’étais pas la seule à vivre ce moment avec autant d’intensité. Bad Omens a offert une conclusion idéale à cette journée déjà exceptionnelle, laissant les festivaliers repartir avec le cœur encore battant et la sensation d’avoir assisté à quelque chose de singulier. Après un concert aussi marquant, il est difficile d’imaginer une autre tête d’affiche capable de mieux refermer cette soirée. Leur maîtrise de l’équilibre entre émotion, puissance et immersion visuelle a permis de conclure le vendredi sur une note aussi intense qu’inoubliable.

Un report de la team Volume 11 sur place : Maud Robadey (texte et réseaux sociaux), Nadège Bercioux (réseaux sociaux) et Alex Pradervand (photos et texte)

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