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RONNIE WOOD + IMELDA MAY – Volkshaus, Zurich – 1er septembre 2026

It’s Only Rock’n’Roll (but I like it) !


79 balais au compteur, une dégaine d’éternel adolescent au visage buriné mais souriant et ce perpétuel bonheur de jouer en live le rock et le blues, voilà ce qui restera gravé dans nos mémoires du généreux concert de Ronnie Wood au Volkshaus. Dans la foulée de son autobiographie parue l’an dernier (« Fearless – The Anthology », Genesis Publications) et de sa compilation (« Fearless : The Ronnie Wood Anthology 1965-2025 », BMG), « l’autre » guitariste des Rolling Stones s’est lancé dans une courte tournée européenne passant par Zurich. A ses côtés, d’excellents musiciens et deux chanteuses au tempérament et aux voix d’exception, Imelda May et Chanel Haynes.

Annoncé tardivement, le concert de Ronnie Wood au Volkshaus était une surprise de taille. Comme les Stones ont tourné l’an dernier outre-Atlantique et viendront peut-être sur le Vieux Continent l’an prochain, c’était sans doute le moment idéal pour le meilleur ami et complice de scène de Keith Richards pour célébrer ses 60 ans de carrière. Malgré des places à des prix dignes des têtes d’affiche du Montreux Jazz Festival, la vénérable salle zurichoise était bien garnie, surtout par des têtes blanches.

Sur un joli fond de scène représentant la fourre de la compilation « Fearless », le groupe entre en piste tandis que Ronnie lâche les premiers accords de ‘It’s Only Rock’n’Roll (but I Like It)’, l’un des hymnes des Rolling Stones. S’il est un titre qui peut définir le vieux renard, c’est bien celui-ci. La setlist est habilement composée, illustrant les différentes périodes musicales, collaborations et groupes dont le bassiste puis guitariste du Jeff Beck Group, de Faces aux côtés de Rod Stewart avant de rejoindre les Rolling Stones en 1975 a fait partie. Plusieurs covers bien senties et des titres de ses albums solo seront aussi mis à l’honneur. Rock donc, blues, mais aussi ska (‘Take It Easy’ de Hopeton Lewis), country (avec une savoureuse version du ‘Country Honk’ des Stones agrémentée d’un délicat violon) et soul (‘Your’re So Fine’).

En point d’orgue, une émouvante version de ‘Flying’ qui nous a donné les frissons, Chanel Haynes transcendant ce monument des Faces. Chanel était la leader d’un groupe de gospel avant de se produire dans plusieurs comédies musicales, son talent ayant été vite repéré. Son jeu de scène, son charisme et son timbre de voix font instantanément penser à Tina Turner qui l’aurait sans aucun doute adoubée. Les vieux renards des Stones ne s’y sont pas trompés car Chanel est leur choriste principale depuis 2023 sur leurs tournées.

Peu avant la mi-concert, entrée en scène d’Imelda May, grande et belle dame irlandaise du blues et du rock sur la ballade fiévreuse des Shangri-Las, ‘Remember (Waking in the Sand)’. Là aussi, un jeu de scène incroyable et intense, et une complicité avec son ami Ronnie (qui a joué sur l’album « 11 Past the Hour » d’Imelda). Par la suite, on retrouve Chanel et Imelda pour ‘Baby What You Want Me to Do’, cover cool du blues de Jimmy Reed sur laquelle Ronnie joue de l’harmonica. Moment fort également avec ‘Spoonful’ de Willie Dixon, moiteur sensuelle sur ce titre immortel.

En fin de set, on retrouve avec plaisir ‘Ooh La La’ des Faces repris en chœur par la salle conquise de même que ‘Can’t You Hear Me Knocking’ des Stones. L’entraînant ‘Stay With Me’ des Faces est tout trouvé pour tirer le rideau après 1h50 d’un concert chaleureux et jouissif teinté de nostalgie. Sous les vivats des fans, Ronnie, ses musiciens, Imelda et Chanel reviennent sur scène pour le rock’n’rollesque ‘Outlaws’, la boucle est bouclée.

Texte : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey

Photos : Gilles Simon

Galerie Ronnie Wood / Imelda May

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