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THE WATCH PLAYS GENESIS – Z7, Pratteln – 25 octobre 2026

Immersion progressive


Voilà plus de 25 ans que The Watch a vu le jour à Milan sur les ruines de The Night Watch, fondé par son chanteur et flûtiste Simone Rossetti. Fortement influencés par le Genesis des 70’s, les Italiens sortiront 8 albums studio de toute beauté dont le dernier, « The Art of Bleeding », paru en 2021 chez Pickup Records. A l’aube des années 2000, on a eu l’occasion de les voir en tête d’affiche tout comme en première partie de The Musical Box, célèbre cover band canadien de Genesis, au Théâtre du Léman. Forts du succès de leurs tournées rendant hommages aux premiers albums de Genesis (période Peter Gabriel – Steve Hackett), les Transalpins délaisseront hélas leur propre répertoire. Pour la première venue de The Watch à la Z7, le public était venu en nombre malgré la météo pourrie d’un dimanche soir d’automne. 

La tournée « Tales From 1970-1976 » bat son plein depuis plusieurs semaines et va se poursuivre tout au long de 2027. Aux côtés de Simone Rossetti, nous trouvons son fils, Mattia Rossetti (basse), Valerio de Vittorio (claviers) et les derniers arrivés, les jeunes Francesco Vaccarezza (batterie) et Giacomo Gagliardini (guitare). La voix et la gestuelle de Simone sont très proches de celles de Peter Gabriel. Moins extravagant qu’à ses débuts, le chanteur ne force plus le trait, le naturel prend le dessus. Ses parties de flûte traversière sont sublimes, purs moments de poésie comme sur les premiers opus de Genesis. Le son est fidèle à celui d’origine, seule la batterie n’est parfois pas optimale malgré l’excellent jeu de Francesco.

La scène est sobre avec à l’arrière-plan des tentures blanches resserrées en leur centre donnant l’aspect de colonnes d’un temple grec. Début du concert avec deux titres de « Trespass » (1970), le peu connu ‘White Mountain’ suivi de l’épique ‘The Knife’. Grande cohésion dans le groupe, justesse d’exécution et complicité avec des regards et sourires entendus. Un peu plus tard nous aurons l’amusant ‘I Know What I Like (In Your Wardrobe)’ extrait de « Selling England by the Pound » (1973) tout comme le sublime ‘Firth of Fifth’ et son solo de guitare à pleurer de joie (magnifique exécution par Giacomo). Fin de la première partie du spectacle avec l’épique ‘Supper’s Ready’ (plus de 24’) tiré de « Foxtrot » (1972). Ce titre est un petit opéra à lui seul, tant de styles musicaux défilent et s’imbriquent en harmonie – rock progressif, classique, chanson populaire, jazz, cabaret. On se laisse bercer et emporter par la douce mélodie des guitares acoustiques de l’intro sur laquelle vient se poser la flûte avant d’aller plus avant dans la chanson avec son irrésistible montée en puissance. Un chef-d’œuvre !

Après un intermède d’une vingtaine de minutes, The Watch revient sur scène avec notamment ‘In the Cage’ et ‘Carpet Crawlers’, deux pièces maîtresses de « The Lamb Lies Down on Broadway », l’album conceptuel de Genesis paru en 1974. Le puissant ‘Dance On a Volcano’ et l’instrumental ‘Los Endos’ (de « A Trick of the Tail », 1976) émoustillent les fans et permettent une fois de plus d’apprécier la virtuosité des musiciens. Nous aurons tout de même droit à un titre de leur cru en fin de concert, ‘Soaring On’ (« Timeless », 2011) fortement inspiré par leurs maîtres à penser et à jouer, pur délice.

On ressort de la Z7 après plus de deux heures d’enchantement, la tête dans les étoiles et l’esprit encore perdu dans ces « Wonderous Stories ». A voir la longue et chaleureuse ovation réservée à The Watch par ses fans, il est sûr que le groupe italien reviendra dans cette salle mythique.

Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey

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