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EUROPE – Salle Métropole, Lausanne – 12 octobre 2026

Retour conquérant des vikings


Tournée anniversaire (40 ans de l’album « The Final Countdown »), nouveau disque encore tout chaud sorti ces derniers jours (« Come This Madness », Silver Lining Music / Hell & Back), Europe a le vent en poupe, plus fringant que jamais. Les fans se mobilisent pour l’occasion – plusieurs dates sold out dont celle de Zurich – et une belle affluence à la Salle Métropole de Lausanne. Un vrai bonheur de voir plusieurs générations célébrer cet opus majeur du hard rock mélodique ou rock FM. En première partie, nous nous réjouissions de découvrir The Damn Truth et leur rock vintage fleurant bon les 70’s.

The Damn Truth est un quatuor canadien qui nous vient de Montréal. Actif depuis une dizaine d’années, il est encore peu connu de ce côté-ci de l’Atlantique. Cette tournée européenne en ouverture de Europe tombait donc à point nommé pour attirer les regards et les oreilles du Vieux Continent, ce d’autant plus qu’un très bon album est sorti l’an dernier (« The Damn Truth », Frontiers Music SRL). Un son vintage, un rock efficace mâtiné de blues, une chanteuse énergique rappelant Elin Larsson de Blues Pills, The Damn Truth a effectivement tout pour plaire. On a bien aimé l’énergique ‘Be Somebody’, le psychédélique ‘The Willow’, ‘This Is Who We Are Now’ rappelant Rival Sons. On espère un retour prochain de The Damn Truth sur nos terres en tête d’affiche afin de profiter davantage de leur musique addictive.

Nous ne sommes encore qu’au début de leur tournée européenne et pourtant Europe cartonne déjà, marque les esprits et remplit les salles. Les fans sont toujours restés fidèles au quintette suédois depuis plus de quatre décennies. Le duo Joey Tempest (chant, guitare) et John Norum (lead guitar) est toujours irrésistible, les deux musiciens comptant parmi nos artistes préférés. Joey affiche un large sourire sur sa mine d’éternel adolescent tandis que John aligne les soli vertigineux en adoptant parfois des poses à la Ritchie Blackmore des débuts.

Le concert débute avec ‘Scandinavian Eyes’, l’un des meilleurs titres du nouvel album. On apprécie le light show relativement sobre mais efficace et les écrans à l’arrière de la scène sur lesquels seront projetées tout au long du concert des images d’archive du groupe retraçant leur carrière. D’emblée on se rend compte que le groupe est en grande forme, Joey est bien en voix, arpente la scène comme à son habitude et va au contact des fans. Il lâchera parfois quelques « P*tain, c’est cool ! » avec un accent à couper à la hallebarde mais fort sympathique, causant quelques rires dans le public.

On enchaîne avec du lourd, l’excellent ‘Walk the Earth’ puis le monumental ‘Superstitious’. La salle s’enflamme et reprend le refrain en chœur. ‘One on One’ puis plus tard ‘The Cult of Ignorance’ sont aussi de nouvelles chansons qui passent très bien en live, les fans ne s’y trompent pas. Dans cette première partie de concert, nous aurons droit encore à des pépites comme ‘Last Look at Eden’, ‘War of Kings’ puis un peu de douceur avec ‘Prisoners in Paradise’ avant de finir en force avec l’entraînant ‘On Broken Wings’ qui était la face B de la chanson ‘The Final Countdown’.

Pas le temps de respirer que Europe attaque la pièce maîtresse dont on fête l’anniversaire. Petite rocade dans l’ordre des titres de l’album, le puissant ‘Rock the Night’ étant joué en premier, ‘The Final Countdown’ étant réservé pour le bouquet final. C’est la bande son de notre adolescence qui est jouée, on a mis tout notre argent de poche dans le juke box et c’est parti pour une quarantaine de minutes de pur bonheur musical. ‘Carrie’, l’un des fers de lance des quarts d’heure américains des 80’s nous remet en émoi. On sollicite nos cervicales pour le pêchu ‘Danger on the Track’, on part au Japon avec le groupe avec ‘Ninja’ puis dans les Appalaches avec le somptueux ‘Cherokee’. Quel pied mes amis ! On ne voit pas le temps passer et en jetant un œil dans le public, les visages sont tout sourire, émus, ça chante, ça crie pour le plus grand plaisir de Joey. Ce dernier prend une guitare acoustique pour le délicat ‘Time Has Come’ dont l’intro nous donne les frissons tout comme le solo de guitare aérien et limpide de John Norum – quel artiste mes amis ! ça déroule avec ‘Heart of Stone’, le nerveux ‘On the Loose’ qui électrise la salle puis ‘Love Chaser’.

La cerise sur le gâteau, vous la connaissez déjà, la plupart des spectateurs étaient venus pour elle, ‘The Final Countdown’ remarquablement interprétée dans un délire général et une forêt de smartphones. Le drapeau suisse s’affiche sur les écrans tandis que le groupe salue les fans qui lui réservent une formidable ovation.

Texte : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey

Photos  : Alex Pradervand

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