Six ans qu’on attendait le successeur de Myopia. Les plus chanceux avaient pu découvrir quelques titres en avant-première lors de sa venue au Montreux Jazz cet été. L’expérimentation des morceaux joués m’avait alors frappée. Ce n’est bien sûr pas nouveau, tant Agnes Obel ne s’est jamais reposée sur ses premiers succès. Elle avait d’ailleurs déjà avancé quelques nouveautés sur Citizen of Glass en utilisant des instruments particuliers qui faisaient penser à ces tonalités de verre.
La Danoise s’est acoquinée cette fois avec le monde électronique. Elle avait bien déjà trituré sa voix sur Familiar au point de la rendre méconnaissable, mais sur The Meaning of Flowers, elle s’avance vers des expérimentations sonores plus franches (Laymelli). Sans oublier les cordes qui ont fait sa renommée sur des mélodies enchanteresses,
Agnes Obel s’affranchit de quelques barrières en les mêlant à des instruments plus électroniques (Gemini). Devenue mère depuis son dernier album, Agnes Obel s’en trouve chamboulée et l’exprime pleinement ici (Never Been). Sa folk mélancolique aux cordes sublimes convient merveilleusement au spleen automnal. Sa façon de murmurer/chanter et d’insuffler une multitude de nuances et de couches dans sa voix rend cet album vocalement très riche. Il se laisse gentiment apprivoiser et chaque écoute apporte un nouvel élément. The Meaning of Flowers, un bouquet surprenant et enivrant.
Texte : Joëlle Michaud