Les fans de musiques extrêmes ne pouvaient décemment pas manquer cette soirée à Zurich. Dark Funeral, Dimmu Borgir et Behemoth sont à eux trois le Saint-Graal du black metal mondial. Pour le toucher, pas besoin d’un lasso, ni de moult péripéties entouré de serpents. Juste se rendre à la Halle 622 pour cette croisade qui ne sera pas la dernière.
Les Suédois de Dark Funeral ouvrent les feux de la messe noire du jour. Sur la scène depuis le début des années 90, le groupe n’a cessé d’évoluer vers quelque chose de moins brut et violent. On dira que le combo s’est un peu assagi depuis Diabolis Interium. Ce soir, les Scandinaves nous délivrent un set vraiment court de 30 minutes. Malheureusement, je trouve que l’énergie reconnue du combo n’est pas vraiment au rendez-vous. Je perçois une certaine nonchalance dans l’exécution des morceaux. Couplons à cela une mise en son somme toute approximative, et nous nous retrouvons avec un show mi-figue mi-raisin. Le concert n’est pas mauvais en soi, mais je nourris quand même une petite frustration. Celle de ne pas avoir pu vibrer comme je l’aurais souhaité.
Pour le prochain concert, restons en Scandinavie, juste un peu plus à l’ouest. Je pense qu’il n’est absolument plus nécessaire de présenter les Norvégiens de Dimmu Borgir. Tout juste rentrés de leur tournée aux US, les voilà en terre helvétique, non pas pour défendre concrètement Grand Serpent Rising, mais pour partager la tête d’affiche avec leurs copains de Behemoth, dans le cadre de cette tournée In League With Satan, dont c’est la première date.
La setlist du soir nous offre trois titres du dernier opus, mais surtout un véritable voyage dans la discographie connue et reconnue du combo. Les incontournables Puritania, Gateways et Progenies of the Great Apocalypse sont de la partie. Le son est bon. Malheureusement, quelques baisses du volume sonore général font sporadiquement leur apparition, sans que l’ingénieur du son à côté de moi ne semble s’en expliquer.
L’extravagante théâtralité du groupe, tant musicale que scénique, fait toujours merveille. Le jeu de lumière est, comme de coutume, un régal pour la rétine ! À contrario, il sera certainement moins jouissif pour les photographes présents dans le pit. Les pauvres doivent bien galérer avec leurs réglages. Heureusement, à Volume 11, nous avons la fine fleur de l’objectif avec nous à la Halle 622. Nous voilà donc vraiment entrés dans la soirée grâce à Dimmu Borgir. Nous pouvons donc nous asseoir contre les crash barrières et sereinement attendre la suite.
Avec les Polonais de Behemoth, c’est l’assurance d’un show carré et sans fioritures. Et ce soir, cette coutume sera clairement respectée. Le groupe, sur chacune de ses tournées, met toujours les petits plats dans les grands en termes de scénographie. Les décors, les costumes, les lumières et la pyro nous en offrent toujours pour notre argent. L’énergie que le groupe déploie est toujours aussi considérable.
Les titres s’enchaînent et voilà que Nergal invite Shagrath à le rejoindre sur scène. C’est assez jouissif de voir côte à côte ces deux monuments du black metal cracher leur fureur dans leur micro. Cela rend cette soirée encore plus inoubliable. Le groupe clôture de la meilleure des manières son concert, avec le titre qu’on attend plus ou moins tous : O Father O Satan O Sun !
Le sentiment d’avoir assisté à de belles prestations scéniques domine. L’énergie que les trois combos nous ont offerte ce soir nous permet de nous ragaillardir un tantinet, et ça fait du bien.
Texte : Pierric Dayer
Photos : Alex Pradervand