Premier passage à la Mühle pour Robert Jon & The Wreck qui suit les traces d’illustres prédécesseurs de blues, southern et hard rock nord-américains comme Molly Hatchet, Rival Sons ou Black Stone Cherry. Les Californiens ont sorti « Heartbreak & Last Goodbyes » (Journeyman Records) il y a un peu plus d’une année et nous avions hâte de découvrir ses titres en live. En ouverture, la jeune Julia Leon, régionale de l’étape, allait nous proposer une pop rock country rafraîchissante.
Julia Leon a grandi dans le ranch familial au cœur de l’Oberland bernois, à quelques encablures de la Mühle. Cela a sans aucun doute contribué à son goût pour la pop rock country et à la culture du wild wild west. L’artiste se produit depuis plus de dix ans et a sorti un premier EP l’an dernier (« Road to 27 »). On y découvre des titres entraînants et de jolies mélodies dans l’esprit de Taylor Swift ou Amy MacDonald.
Pour l’occasion, elle était accompagnée par Levin Zahnd à la guitare, elle-même assurant le chant et la guitare également. Devant un public si proche de la scène et une salle presque comble, on sent Julia émue, voire un peu tendue malgré son charmant sourire. Quelques accords plus tard et avec l’accueil bienveillant des spectateurs, elle gagne en assurance et nous offre ‘What’s Up’, cover sympa des 4 Non Blondes dont le refrain sera repris à l’unisson par toute la Mühle.
Robert Jon & The Wreck et la Suisse, c’est une histoire d’amitié, voire d’amour. Depuis plusieurs années, le groupe fréquente régulièrement les clubs de notre de notre pays et s’est constitué une petite mais solide fanbase. L’annonce de sa première venue à Rubigen était particulièrement excitante, le lieu se prêtant idéalement à sa musique chaleureuse. La scène est si cosy que Jake Abernathie (claviers) a dû être installé à côté des premières tables, mais cela n’enlève en rien la cohésion du groupe et son jeu de scène intense.
Le set commence avec ‘The Devil Is Your Only Friend’, l’un des premiers fleurons des Californiens. On entre tout de suite dans le vif du sujet, mid tempo puissant et déjà un solo de guitare étourdissant de Henry James Scheekluth. Pas le temps de respirer que l’on embraie sur ‘Blame It on the Whisky’, hit irrésistible également du début de leur carrière. On calme les chevaux avec le chaloupé ‘Hey Hey Mama’ aux accents de Joe Bonamassa. Avec ‘Keep Myself Clean’ et le stonien ‘Better of Me’ on fait une excitante incursion dans le dernier album studio. Regards complices et sourires entre les cinq musiciens qui ne boudent pas leur plaisir, même équipe soudée depuis plusieurs années.
Les pièces maîtresses et hymnes du groupe ne sont pas oubliés avec le chaloupé ‘Red Moon Rising’, ‘Oh Miss Carolina’ chanté d’une seule voix par tous les fans et une version XXL de ‘Cold Night’. Nous avons droit à des battles de guitares, basse – guitare, guitare – claviers. Les musiciens sont ravis d’être si proches physiquement de leur public – la magie de la Mühle – et s’en donnent à cœur joie. Deux rappels de feu avec l’intense ‘Rager’ puis le festif et fédérateur ‘Do You Remember ?’ qui nous dresse les poils de plaisir.
A la fin du concert, si le public était unanime sur la qualité du concert et la générosité des musiciens, certains trouvaient que plusieurs titres avaient été trop étirés avec une saturation de soli de guitares principalement. Il est vrai que la setlist était particulièrement courte mais se faire porter par l’énergie dégagée par Robert Jon & The Wreck et s’immerger dans sa musique était une parenthèse enchantée dont le temps était suspendu dans la sombre époque que nous vivons.
Texte : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey
Photos : Gilles Simon