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BIG BIG TRAIN – Z7, Pratteln – 11 octobre 2026

Compte-rendu du concert


Un groupe bien sur ses rails

Big Big Train est sans doute l’un des meilleurs groupes de rock progressif contemporain. J’en vois d’aucuns qui font la grimace en pensant très fort… « oups, ça sent la naphtaline, musique pour intello… ». Le groupe anglais balaie ces préjugés avec une musique qui parle au cœur et à l’âme et dont les mélodies sont particulièrement soignées. En février dernier, ils ont sorti l’un des meilleurs albums de l’année, rien que ça (« Woodcut », InsideOut Music). La bonne nouvelle, c’est que Big Big Train allait l’interpréter en intégralité en deuxième partie de concert. 

Big Big Train a vu le jour à l’aube des années 1990. Après des débuts confidentiels, le groupe anglais signe sur le label Giant Electric Pea, sous la houlette de Michael Holmes notamment, guitariste d’IQ, fer de lance du rock progressif anglais des 90’s. Cela permettra à Big Big Train d’avoir une plus grande visibilité et reconnaissance, principalement au Royaume-Uni. Du groupe d’origine, il ne reste plus que Gregory Spawton (basse, chœurs, claviers et guitare), plusieurs arrivées et départs étant à relever. En 2009, Nick D’Virgilio (batterie, choeurs – Spock’s Beard) et David Longdon (chant et flûte) montent à bord du train. 2021 sera assombri par le décès tragique de David Longdon des suites d’une chute à son domicile. L’année suivante voit l’arrivée d’Alberto Bravin (Premiata Forneria Marconi) au chant et Oskar Holldorff (Dim Gray) aux claviers et aux chœurs.

2026 verra la naissance du premier album conceptuel de Big Big Train, « Woodcut », inspiré par la visite du Munch Museum à Oslo par Brevin et Spawton, alors que le groupe donnait un concert dans la ville. Tous les membres ont participé à l’écriture, Spawton en particulier pour les textes, mais également Clare Lindley (violon, chœurs, guitare acoustique), ce qui a renforcé les liens d’amitié entre les membres de Big Big Train.

La Z7 un dimanche soir d’automne, début des vacances scolaires en Suisse alémanique, absence de première partie, on avait quelques craintes quant à l’affluence. Et il est vrai que le public était clairsemé à quelques dizaines de minutes du début du concert (retardé). Les fans purs et durs, les amoureux du rock progressif et les habitués de la Konzertfabrik se retrouvent avec plaisir, refont le monde, partagent une Z7 Pale Ale en attendant les premiers accords. Fort heureusement, les spectateurs sont arrivés sur le tard et ont garni la bonne moitié de la salle.

Intitulée « The Woodcut & Other Stories Tour », la tournée sera immortalisée par la captation du concert de Londres (O2 Shepherd’s Bush Empire). Les sept musiciens de Big Big Train prennent place sur scène et débutent par ces fameuses « other stories », dont le très beau ‘Swan Hunter’, bien plus loin dans le répertoire – l’épique ‘Kingmaker’, le poppy et séduisant ‘Lost Rivers of London’. Une impressionnante battle entre Paul Mitchell (trompette) et Nick D’Virgilio (batterie) émoustille le public sur ‘Drumpet’, juste avant le monumental ‘East Coast Racer’ (15 minutes) avec ses tableaux musicaux chatoyants.

Un petit quart d’heure de pause et le groupe revient pour l’intégrale de « Woodcut ». L’album est une pure merveille, tout de délicatesse, de mélodies subtiles, d’harmonies vocales et de soli aériens, que ce soit aux claviers ou aux guitares. En concert, on entre dans une autre dimension, chaque musicien ayant une partie chantée – en solo, en chœur ou en canon, signature empruntée notamment à Spock’s Beard, ancien groupe de rock progressif de Nick D’Virgilio. Le jeu du violon de Clare et la trompette de Paul enrichissent l’ensemble avec bonheur, tandis que Nick est impressionnant d’efficacité aux fûts, sans en faire des tonnes pour autant. Brevin n’est pas Longdon, c’est sûr, mais son chant a gagné en maturité et en assurance et le bougre n’est pas maladroit à la six-cordes. Oskar, que l’on a découvert il y a quelques années au sein de Dim Gray, son second groupe, est discret mais diablement précieux avec son jeu de claviers émouvant et son chant tout en finesse.

Les titres s’égrènent comme de précieuses perles, on ne voit pas le temps passer. On a vibré sur les temps forts comme ‘The Lie of the Land’, la pépite ‘The Sharpest Blade’, ‘Light Without Heat’ et le solo de guitare époustouflant de Rikard Sjöblom et le sublime ‘Counting Stars’ fleurant bon les ballades des premiers Genesis et faisant perler des larmes de joie à nos yeux. La complicité des musiciens est naturelle, regards bienveillants et amusés jusqu’au moment du salut au public conquis et heureux qui a réservé une formidable ovation à Big Big Train.

Texte et photos  : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey

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