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Recluses Fest #9 – Ce soir, ce soir, c’est la fête !

Compte-rendu des concerts du 14 mars 2026


Déjà la neuvième édition du Recluses Fest qui a la bonne idée de proposer des concerts tout au long de l’année. Après une première soirée vendredi dont les échos étaient vraiment bon, l’affiche de samedi réunissait René Binamé, 1Kub, L’Opium Du Peuple et les Ramoneurs de Menhirs à l’Usine Le Rez. L’ouverture des portes se fait pile à l’heure (qui a dit que les punks ne respectaient rien?), tant mieux parce qu’il ne faisait pas particulièrement chaud ce soir à Genève. La soirée est annoncée bien remplie avec de bonnes préventes et au final il n’aura pas manqué grand-chose pour qu’elle soit complète, ce qui aurait été mérité vu la programmation.

René Binamé – Et souffle un vent libertaire
Avant le premier concert, un gars s’affaire devant la scène pour disposer quelques bouteilles. Il ressemble à Masto, qui avait tenu le sax chez les Bérus pendant une bonne partie de l’aventure. J’avais vu une vidéo il y a 1 ou 2 ans où Masto jouait avec René Binamé, mais je pensais que c’était juste une occasion spéciale. Belle surprise, car le gars qui ressemble à Masto c’est Masto. Et il est sur scène avec les musiciens pendant tout le set. Je n’avais encore jamais vu René Binamé en concert et je n’ai pas été déçu. Le gars chante tout en jouant de la batterie (ou l’inverse, c’est selon). Outre Masto au saxophone, il est accompagné de deux guitaristes. Ce soir, il nous fait visiter le répertoire de la musique révolutionnaire et libertaire avec de rapides introductions historiques, mais sinon c’est enchaîné pied au plancher. Cela débute avec ‘Juillet 1936’ probablement ma chanson préférée jouée par René Binamé qui part ensuite sur ‘La Makhnovtchina’. La foule chante chaque strophe, c’est assez magique. René nous introduit ensuite les morceaux suivants en précisant qu’il s’agit de trois parties : ‘Moustaches’, ‘Allez Les Gars’ (que mes enfants adorent) et ‘Vocations’. Chaque institution en prend pour son grade. Le titre ‘Open The Borders’ sera dédié à Damien de BAK XIII, dont le guitariste Rman porte un t-shirt à  l’effigie du groupe. Le concert d’une heure passe à une vitesse scandaleuse, mais la bonne nouvelle c’est que René Binamé annonce qu’ils donneront un concert spécial et surprise le lendemain à Urgence Disk sur le coup des 13 heures. Le dernier morceau, le bien nommé ‘C’est fini’ clôt cette prestation que j’ai beaucoup appréciée.
L’Opium du Peuple – Désolé le peuple, le groupe a tout utilisé pour lui en backstage
La veille du concert, j’ai jeté une oreille à la production musicale de ce groupe dont je n’avais jamais entendu parler. Une joyeuse troupe française de 6 musiciens qui mettent un point d’honneur à proposer des relectures bien senties de tubes, principalement de variété. Deux chanteuses et un chanteur pour tenir le micro et aussi pour raconter un peu n’importe quoi (on n’est pas dupes, c’est clair qu’ils ne viennent pas de l’espace comme ils le prétendent). Autant René Binamé, c’était un concert sérieux (hormis quelques grimaces de Masto et le fait que la moitié du groupe jouait en robe) et engagé, que là on est dans l’autre versant d’une soirée punk avec un show tout pour la déconne. Donc rien à voir avec la référence à Marx sur la religion, ce qui aurait pourtant été cohérent après René Binamé. 20 ans d’existence et 7 albums, cela en fait des tubes revisités. Ce soir, on reconnaît ‘On Dirait Le Sud’ de Nino Ferrer ou un tube de Diams (me demandez pas le nom, j’avais réussi à oublier son existence et j’aimerai que cela reste comme cela), voire encore le ‘Bang Bang My Baby Shot Me Down’ qui illuminait la BO de Kill Bill. Bon délire et grosse ambiance, avec même un PMR (Punk à mobilité réduite) qui fera du crowdsurfing en fauteuil au milieu du set. Le truc vraiment inattendu c’était une reprise de M, enfin les paroles, sur la musique de ‘Smells Like Teen Spirit’. Ce soir c’est la fête, aussi pour le jeune Thomas invité sur scène à l’occasion de ses 18 ans avant de faire un tour de surf sur la foule. Cela se termine avec Indochine (‘L’Aventurier’) et un rappel de ‘Marche à l’Ombre’ survitaminé qui achèverait ou désaoulerait sûrement Renaud si cette version parvenait à ses oreilles. Tout le monde finit trempé et content car l’aiguille du Youpimètre apporté par le groupe au début du concert  affiche enfin le maximum possible. Mission accomplie, bon retour sur votre planète.
1Kub – C’est carré
 
Troisième concert et troisième style de musique. Le trio s’installe dans le noir, pas de batterie, mais des machines entourées d’une basse et d’une guitare. Ce sera sombre et industriel. Les rythmes sont durs et cela remue bien. Cela ne faisait pas forcément de sens sur le papier d’avoir une telle combinaison à l’affiche, mais cela fonctionne impeccable. Le public réagit super bien. Je ne m’attendais à rien, faute d’avoir eu le temps d’écouter leur musique avant, et cela me plait bien (bon faut dire que Ministry, Laibach ou Front 242 cela tourne régulièrement dans ma sono). Parmi les morceaux joués ce soir, il y a ‘Lacrimoged Da Steve’, un titre pour rendre hommage à Steve, le jeune qui avait fini noyé lors d’une teuf à cause de la police, qui avait fait l’objet d’un single avec Les Ramoneurs de Menhirs. Dommage qu’il n’ait pas été profité de la présence des deux groupes pour une version à plusieurs sur scène. En tous le cas, Loran et Eric ont assisté attentivement à une bonne partie du concert de 1Kub depuis la mezzanine.

Les Ramoneurs de Menhirs – Esprit bérurier
Eux aussi, ils fêtent 20 ans d’existence cette année. Loran vient installer lui-même la plus grande partie du matériel, à commencer par ses amplis. La setlist se fait comme d’habitude au chapeau avec le public qui tire 5 ou 6 noms de morceaux. Cela commence avec un hommage medley de quelques titres que la défunte Louise Ebrel aimait bien chanter avec ses punks bretons préférés, puis un morceau des Bérus, ‘Tzigane, Tzigane. Évidemment, sachant que Masto est dans la même salle, on ne peut s’empêcher de rêver à ce qu’il monte sur scène pour un ou deux titres de son ancien groupe. Ce sera le cas sur ‘Vive le Feu’ où il fera les chœurs en partageant le micro avec Jérôme et Eric. Moment sympa à la fin du morceau où Loran tend son plectre à Masto pour qu’il gratte quelques cordes de sa guitare. A cette occasion, Loran rappelle que le groupe Bérurier Noir n’existe plus, mais que l’esprit est toujours là. 

Toujours aussi prompt à s’exprimer entre les chansons, il remercie longuement les autres groupes à l’affiche (René Binamé, super concert, L’Opium du Peuple, un peu surpris de les voir chanter toutes ces chansons qu’il n’aimait pas comme jeune punk à l’époque et de voir le public aussi réceptif et 1Kub, des bravos aussi, pour le set et cet esprit de teuffeur. Remerciements également à toute l’organisation, aux techniciens, aux bénévoles sans qui rien ne serait possible et évidemment à sa chérie au stand du merch’. Il ne suffit pas de beaucoup chauffer le public pour entendre des ‘Genève Antifa’ scandés depuis la fosse. Ce soir toute la salle est acquise à la cause. L’équipe du Recluses, Kris en tête est invitée sur scène pour de vifs remerciements également. Les titres s’enchaînent rapidement tels le ‘Mur De La Honte’, introduit par un « Bienvenue à tous les migrants ». Un vrai régal avec ‘Bella Ciao’ et ‘Porcherie’ pour enfoncer un clou qui était déjà au bout de son parcours de clou. Cela s’achève avec une reprise de Patti Smith, artiste que Loran avait vu en concert quand il était ado et qui lui avait donné envie de monter un groupe. Ce sera ‘Rock N’Roll Nigger’, dont le titre original a été adapté pour rendre hommage aux Diggers. Pratiquement deux heures de concert, merci les gars et à bientôt.


Texte et photos : Alex Pradervand

Galerie René Binamé

Galerie L’Opium Du Peuple

Galerie 1KUB

Galerie Les Ramoneurs de Menhirs

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