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The Aristocrats – Les 3 mousquetaires du prog art rock

Compte-rendu du concert du 7 mai 2026 au Kaufleuten de Zurich


Parmi les plus fines gâchettes musicales actuelles, fusionnant rock – jazz – prog rock – djent et j’en passe, The Aristocrats nous faisaient l’immense plaisir de repasser par le Kaufleuten dans le cadre du « The Duck Tour – Europe 2026 ». Guthrie Govan (guitare – Steven Wilson, Hans Zimmer, Asia…), Bryan Beller (basse – Joe Satriani, Steve Vai, James LaBrie…) et Marco Minnemann (batterie – Steven Wilson, The Mute Gods, The Sea Within…) ont rempli la jolie salle zurichoise pour une nouvelle prestation anthologique.

Nul besoin de première partie pour le triumvirat musical qui allait nous gratifier de 2h15 de riffs et d’accords étourdissants, distillant avec virtuosité et humour l’essentiel de leur dernier opus studio en date (6 titres de « Duck », Boing ! Music, 2024) et quelques titres emblématiques de leur répertoire.

Entre deux morceaux, de courtes et savoureuses anecdotes racontées par les musiciens sur la genèse de certaines pièces dont ‘Sgt. Rockhopper’, inspiré d’une mésaventure avec des carabinieri – le Sgt. Rockhopper prenant vie sous les traits d’un pingouin qu’un Guthrie hilare a présenté au public ; puis le beau ‘Spanish Eddie’, pour lequel Guthrie précise qu’il n’a rien à voir avec le hit des 80’s de Laura Brannigan mais qui sonne simplement « espagnol ».

A l’issue de ce titre, Marco exécute un solo de batterie XXL, tantôt en finesse de toucher, tantôt en précision et vitesse d’exécution, le tout émaillé de petits gags avec les fans… du tout grand art ! Quant à ‘The Ballad of Bonnie and Clyde’, Bryan nous explique qu’il l’a écrit à la suite du vol d’une de ses basses fétiches. Le couple de voleurs a été arrêté mais la basse n’a jamais été retrouvée.

Qui a dit que la musique instrumentale était ennuyante à mourir ? Quand on a des artistes de la pointure de nos lascars sur scène, le public est en totale immersion et ne voit pas le temps passer. Ils se répondent par phrases musicales, se tirent la bourre l’un l’autre, s’amusent entre eux et avec les fans dans une maîtrise totale de leurs instruments. Nous avons beaucoup apprécié le délicat et ambiant ‘Flatlands’ et le jouissif ‘This Is Not Scrotum’ – titre hilarant – à la mélodie slave entraînante et au tempo endiablé.

Feu d’artifice musical et humoristique pour clôturer la soirée avec ‘Get It Like That’, les musiciens séparant la salle en deux et les incitant à faire des cris d’animaux (cochon pour leur droite, poule pour leur gauche) – une de leurs marques de fabrique – tout en faisant couiner des jouets en plastique sur les bridges. Tout le Kaufleuten joue le jeu et part en éclats de rire jusqu’au tomber du rideau.

Texte et photos : Jean-Blaise Betrisey

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