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GREENFIELD FESTIVAL 2026 – Samedi

Compte-rendu de la journée du samedi 13 juin 2026


Les Suisses de Save Your Last Breath ont ouvert les festivités du samedi sur la Jungfrau Stage. Formé à Zurich il y a un peu plus de dix ans, le groupe évolue dans un metalcore moderne mêlant riffs massifs, mélodies accrocheuses et énergie permanente. Dès les premières minutes, les musiciens n’ont pas attendu que le public remplisse l’aérodrome d’Interlaken pour mettre l’ambiance.

Le chanteur, particulièrement investi, semblait déjà jouer devant une foule compacte, occupant la scène avec une énergie débordante et ne laissant aucun temps mort. Une prestation généreuse qui a parfaitement lancé cette troisième journée du Greenfield Festival.

Cevret a sans aucun doute été mon plus grand coup de cœur de cette édition 2026 du Greenfield. Lauréat du Band Contest du festival, le groupe zurichois pratique un modern metal aussi puissant que mélodique, enrichi de touches progressives et d’ambiances modernes qui lui donnent une véritable identité. Sur scène, difficile de croire que la formation n’existe que depuis quelques années tant tout semble déjà parfaitement en place. Les voix, alternant passages mélodiques et moments plus agressifs, sont d’une justesse impressionnante, tandis que les musiciens déroulent leur set avec une maîtrise remarquable. Le public a même eu droit à un invité surprise lorsque le chanteur de Save Your Last Breath est venu rejoindre le groupe sur un morceau, ajoutant encore un peu plus d’intensité à une prestation qui n’en manquait déjà pas.

Musicalement, tout est carré, le son est massif sans jamais sacrifier les mélodies, et chaque titre semble pensé pour laisser une empreinte durable. Si vous ne connaissez pas encore Cevret, retenez bien ce nom : il y a fort à parier que l’on entendra beaucoup parler d’eux dans les années à venir.

Changement radical d’ambiance avec Bloodywood. Originaire de New Delhi, le groupe indien propose un mélange aussi surprenant qu’efficace de nu metal, de sonorités traditionnelles indiennes et d’influences folk. Dès son arrivée sur scène, pieds nus et vêtu de tenues traditionnelles, le groupe impose une identité forte et une sincérité qui saute immédiatement aux yeux. Sous une chaleur écrasante, les musiciens semblent pourtant inépuisables, portés par une énergie communicative et un enthousiasme presque enfantin. Entre les morceaux, les prises de parole sont nombreuses et tournent souvent autour de thèmes positifs comme la persévérance, les rêves ou la confiance en soi. Loin de paraître artificiel, ce discours reflète parfaitement l’état d’esprit du groupe et son parcours atypique. Révélé grâce à Internet avant de conquérir les scènes du monde entier avec des titres comme ‘Gaddaar’ ou ‘Dana Dan’, Bloodywood semble pourtant garder les pieds sur terre. On sent des musiciens encore émerveillés de pouvoir présenter leur musique à l’autre bout du monde, malgré une réputation qui ne cesse de grandir sur la scène internationale. Musicalement, le mélange entre riffs massifs, rap, chants traditionnels et instruments indiens fonctionne à merveille et emporte rapidement un public déjà totalement conquis. Une prestation chaleureuse et authentique qui vient s’ajouter à la longue liste des artistes ayant parcouru des milliers de kilomètres pour faire vibrer le Greenfield Festival.

Avec April Art, la Eiger Stage restait dans des sonorités modernes mêlant rock, metal et quelques touches électroniques. Le groupe allemand a rapidement trouvé son public, porté par l’énergie communicative de Lisa-Marie Watz et une formule particulièrement efficace en festival. Si leur univers musical n’est pas forcément celui qui m’a le plus marqué durant le week-end, il faut reconnaître que la recette fonctionne. Le public a répondu présent tout au long du concert, confirmant la solide réputation que le groupe s’est forgée sur les scènes européennes. Une prestation efficace et parfaitement adaptée à l’ambiance du Greenfield.

Avec Breaking Benjamin, la Jungfrau Stage replongeait le public dans les grandes heures du rock et du metal alternatif des années 2000. Originaire de Pennsylvanie, le groupe américain s’est imposé au fil des années grâce à son savant mélange de riffs puissants, de mélodies accrocheuses et de refrains fédérateurs. Des titres comme ‘The Diary of Jane’, ‘So Cold’ ou encore ‘I Will Not Bow’ ont immédiatement trouvé un écho auprès des festivaliers. Tout au long du concert, les refrains ont été repris en chœur par le public, certains n’hésitant même pas à chanter et danser ensemble sur les morceaux les plus emblématiques. Décidément, c’était la journée des collaborations entre artistes puisqu’Adam de Three Days Grace est venue partager un duo sur scène avec le groupe, pour un instant unique très apprécié par les fans. Portée par cette dimension à la fois mélodique et nostalgique, la prestation a parfaitement fonctionné et préparé le terrain pour l’arrivée de Three Days Grace un peu plus tard dans la soirée. Un concert qui rappelle à quel point Breaking Benjamin reste une référence du rock et du metal alternatif.

Avec Destroy Boys, la Eiger Stage changeait une nouvelle fois d’atmosphère. Le groupe californien évolue dans un univers punk rock brut et sans détour, porté par une énergie spontanée. Fort d’une solide réputation sur la scène punk actuelle, le quatuor a livré une prestation directe, énergique et sans artifices. Une parenthèse différente dans cette journée particulièrement riche en styles et en découvertes, mais qui était la bienvenue.

Three Days Grace fait partie de ces groupes que l’on reconnaît parfois sans même s’en rendre compte tant leurs morceaux ont accompagné plusieurs générations. Avec une carrière débutée à la fin des années 1990, les Canadiens continuent de rassembler un public nombreux, venu retrouver des titres devenus incontournables comme ‘I Hate Everything About You’, ‘Animal I Have Become’ ou encore ‘Pain’.Le groupe a une nouvelle fois démontré toute l’efficacité de sa formule. Les refrains étaient repris en chœur par les festivaliers et l’ambiance est restée constante du début à la fin. Entre mélodies accrocheuses et refrains immédiatement reconnaissables, Three Days Grace a offert au public ce qu’il était venu chercher. Alors que la journée avançait et que les têtes d’affiche se rapprochaient, cette prestation était la bienvenue, apportant sa touche de nostalgie des années 2000 avant de laisser place à Papa Roach. Une transition parfaite pour la suite de la soirée.

Très attendu par une grande partie du public, Papa Roach n’a pas déçu. Emmené par l’infatigable Jacoby Shaddix, le groupe américain a rapidement pris possession de la grande scène, porté par une foule déjà acquise à sa cause. Tout au long du concert, l’énergie est restée à son maximum, entre classiques incontournables et interaction permanente avec les festivaliers. Moment particulièrement marquant, Jacoby a même fait monter son fils sur scène, offrant une séquence aussi touchante qu’inattendue. Des morceaux comme ‘Scars’, ‘Getting Away With Murder’, ‘Help’ ou encore ‘Between Angels and Insects’ ont été accueillis avec enthousiasme par le public, mais c’est bien sûr ‘Last Resort’ qui a une nouvelle fois mis tout le monde d’accord. Qui n’a jamais chanté ce refrain devenu emblématique ? Malgré quelques légères tensions vocales par moments, largement compréhensibles après plus de vingt ans de carrière, le groupe a livré une prestation solide et généreuse. À la sortie du concert, les retours étaient unanimes : beaucoup de festivaliers avaient le sourire aux lèvres et certains considéraient même avoir déjà vu l’artiste qu’ils attendaient le plus de la journée. Une preuve supplémentaire de la diversité du Greenfield Festival, où chacun vient chercher des émotions différentes au gré des styles et des générations.

Si l’on me demandait quel concert je devais retenir de cette édition 2026 du Greenfield, ce serait sans hésiter Volbeat. La dernière fois que j’avais vu les Danois sur scène remontait déjà à plusieurs années, et une question me trottait dans la tête avant leur arrivée : comment construire une setlist cohérente quand on possède autant de titres incontournables dans son répertoire ? La réponse est arrivée dès les premières notes de ‘Lola Montez’. En quelques secondes, le ton était donné et la magie opérait déjà. Porté par la voix immédiatement reconnaissable de Michael Poulsen, le groupe a enchaîné les classiques avec une aisance déconcertante. ‘The Devil’s Bleeding Crown’, ‘Fallen’, ‘Heaven Nor Hell’, ‘For Evigt’ ou encore ‘Still Counting’ ont ponctué une prestation d’une rare maîtrise.

Mais au-delà des morceaux eux-mêmes, c’est surtout la manière dont Volbeat les fait vivre sur scène qui impressionne. Les arrangements évoluent, les parties de guitare se prolongent, des solos apparaissent là où on ne les attend pas et chaque morceau semble bénéficier d’un traitement particulier. Rien ne paraît figé. Le clin d’œil à Johnny Cash sur ‘Sad Man’s Tongue’ a une nouvelle fois fait mouche, rappelant à quel point Volbeat est capable de mélanger les influences sans jamais perdre son identité. Face à eux, le public suisse est resté fidèle à lui-même, moins démonstratif qu’ailleurs peut-être, mais visiblement captivé. Et puis il y a cette capacité unique à écrire des morceaux qui s’impriment durablement dans la mémoire. Qu’on soit fan de la première heure ou simple curieux, il est presque impossible de ne pas se surprendre à chanter. Une fois entendus, ces refrains semblent faire partie de notre ADN musical tant ils paraissent familiers et évidents. Plus qu’un concert à vivre dans l’exubérance, c’était presque un concert à admirer, tant le groupe parvient à créer une bulle qui lui est propre. Une prestation magistrale qui a offert au Greenfield une conclusion à la hauteur de cette journée exceptionnelle.

Bien sûr, on pourra regretter l’absence de rappel pour conclure cette dernière soirée. Mais lorsque les derniers refrains de ‘Still Counting’ ont résonné sur l’aérodrome d’Interlaken et que les lumières se sont rallumées, une autre réalité s’est imposée : après trois jours de festival, les jambes étaient lourdes, la fatigue bien présente, mais le sentiment de satisfaction l’emportait largement. Une nouvelle édition du Greenfield parfaitement maîtrisée, portée par une organisation irréprochable, une programmation de qualité et des festivaliers toujours aussi passionnés. Une fois encore, le rendez-vous suisse a tenu toutes ses promesses.

Un report de la team Volume 11 sur place : Maud Robadey (texte et réseaux sociaux), Nadège Bercioux (réseaux sociaux) et Alex Pradervand (photos et texte)

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