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Alice Cooper – Au Pays des Cauchermars

Compte-rendu du concert du 7 juillet 2026 à The Hall


Vincent Furnier (aka Alice Cooper), l’un des derniers monstres sacrés qui tourne encore, père du shock rock, nous faisait l’immense honneur et plaisir de revenir en Suisse. Il faut dire que le natif de Detroit – Rock City est inusable et tourne régulièrement ces dernières années, que ce soit avec son propre groupe ou avec ses compères d’Hollywood Vampires. Pour ce « Alice’s Attic Tour », ressortait ses horrifiques jouets du grenier.

Canicule, match de la Suisse à la Coupe du Monde aux States, début des vacances scolaires et concurrence d’autres événements musicaux expliquaient peut-être que les guichets de The Hall en banlieue zurichoise n’étaient pas fermés pour ce concert tant attendu. Dommage que cette magnifique salle moderne, bien conçue et idéalement climatisée soit si loin de la Romandie… on l’échangerait bien volontiers contre la Geneva Arena. Pour faire patienter les fans avant la venue du ‘Man Behind the Mask’, on nous proposait les services de Rosettli, DJette locale qui ma foi avait de bons goûts musicaux (rock FM, hard rock, classic rock…). On aurait toutefois préféré que l’organisateur donne sa chance à un petit groupe du cru en l’absence de première partie officielle.

Cette tournée titillait notre curiosité pour une raison supplémentaire. Nita Strauss, guitariste emblématique du groupe, a momentanément posé sa six-cordes et pris un congé sabbatique en attendant la venue de son premier enfant. Elle a elle-même proposé sa remplaçante en la personne d’Anna Cara, jeune gratteuse britannique autodidacte de 22 ans, qui a déjà sévi avec Marc Storace (Krokus) et Tommy Henriksen (Alice Cooper, Hollywood Vampires). Et il faut dire qu’Anna se débrouille comme une grande dans un style spectaculaire. Nullement intimidée, elle fait aisément sa place entre Ryan Roxie et Tommy Henriksen, les deux autres guitaristes chevronnés du groupe.

Les festivités débutent avec un medley ‘Hello, Hooray’ / ‘Who Do You Think We Are’ qui lancent ‘Spark in the Dark’, premier hymne d’Alice. Le boss, cheveux corbeau et impeccablement maquillé, affiche une forme toujours étonnante (Dorian Gray ? Faust ?) du haut de ses 78 ans. La voix est toujours bien là, elle aussi – peut-être un peu boosté par des bandes à l’occasion me souffle un collègue taquin. La setlist revisite l’imposante carrière d’Alice, avec des incontournables de la première heure comme ‘Billion Dollar Babies’ ou ‘I’m Eighteen’, des tubes immortels (‘Hey Stoopid’, ‘House of Fire’, ‘Poison’, ‘School’s Out’) et des titres emblématiques de son imaginaire torturé (‘Feed My Frankenstein’, ‘Ballad of Dwight Fry’, ‘Only Women Bleed’, ‘Second Coming / Going Home’). Pas de boa ni d’estrade présidentielle cette année. Toutefois Alice a dépoussiéré son grenier et a ressorti la guillotine, le haut-de-forme noir ou blanc, le bâton – épée, un Frankenstein qui harcèle les musiciens sur la scène, la camisole de force… Alice est toujours impressionnant de justesse dans ses jeux de rôles où il tutoie la folie, sur le fil du rasoir entre fiction et réalité.

Fin de set avec ‘School’s Out’ couplé avec une strophe de Pink Floyd (‘Another Brick in the Wall, Part 2’) repris en chœur et liesse par le public multigénérationnel sous une pluie de confettis avant un hommage à Kurt Cobain (cover de ‘Smells Like Teen Spirit’) et ‘Under My Wheels’ enjoué.

Il est sûr que sieur Furnier n’a pas tiré ses dernières cartouches – la scène est sa vie – et les fans en redemandent. Le bonus de cet excellent concert est le sourire éclatant et les étoiles dans les yeux de ma sœur aînée qui voyait son idole de jeunesse pour la première fois en live.

Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey

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