Une première pour Selah Sue avec son tout nouveau projet de groupe. Lumineuse, la chanteuse belge ne quitte pas son sourire et sa joie d’être sur la scène de Montreux est bien visible. Entourée du duo père-fils Stéphane et Elvin Gallands, elle délivre une soul pop avec sa voix fiévreuse, un jazz tantôt prog tantôt plus classique. Selah Sue veut faire de la ‘Music of hope in times of darkness’. Son enthousiasme emporte la foule.
Pour la première fois, un homme foule la scène avec Agnes Obel. Et Julian Sartorius est Suisse en plus ! D’origines variées, ses musiciens ont toujours été des musiciennes, souvent avec un trio à cordes. Cette fois, elle a opté pour une corde allemande, un batteur suisse, une synthé japonaise.
La Danoise revient sur scène sans album depuis ‘Myopia (2020), mais cela ne l’empêche pas de nous proposer quelques nouveaux morceaux prometteurs et stupéfiants qui tendent vers une expérimentation carrément plus electro (‘Laymelli’) sans toutefois abandonner ce travail énormissime sur les voix et des arrangements familiers jusqu’au-boutistes avec beaucoup de cordes (‘Faustian Deal’, ‘Gemini’).
Elle est de ces artistes qui seront toujours intéressants de par leur curiosité et leur envie d’innover. Les musiciens, d’une précision chirurgicale, sont peut-être un poil trop appliqués au détriment de l’émotion. Agnes Obel n’est pas une reine expressionniste il est vrai. Plutôt timide, elle exécute ses morceaux soigneusement même si les arrangements différents des versions sur album sont sublimes. ‘Fuel to Fire’, ‘Familiar’ et son pendant vocal masculin, ‘Run Cried the Crawling’, ‘Stretch your Eyes’.
Avec Agnes Obel, on ferme souvent les yeux pour se laisser emmener dans un rêve doux fait de mélodies enchanteresses. Le rappel ‘Riverside’ et ‘The Curse’ nous rappelle pourquoi nous avions succombé à la première écoute.
Texte : Joelle Michaud
Photo : Montreux Jazz festival / Marc Ducrest