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Paléo 2026 – Bound By Endogamy en interview

interview réalisée au Paléo Festival le 22 juillet 2026


Les Genevois de Bound by Endogamy étaient de passage au Paléo mercredi. On les a rencontrés dans l’après-midi, avant leur set. L’occasion de parler de leur musique, de la scène gothique suisse et du fait de jouer dans un festival grand public.

Vous avez sorti votre nouvel album en janvier. Là, vous avez lancé votre tournée d’été. Comment cet album prend vie sur scène?

Kleio: Alors, en vérité, sur scène, on joue seulement un morceau du nouvel album. Parce qu’on joue un peu des morceaux de tous les albums. Et aussi des morceaux qui ne sont pas encore édités, pas encore enregistrés.

Shlomo: Il y a une autre raison, c’est que cet album, on ne l’a pas vraiment composé dans l’optique de le jouer en concert. C’était plus une sorte de commande du label avec lequel on a bossé qui nous avait donné une sorte de ligne directrice un peu plus “pop”. On a quand même une palette assez large dans notre répertoire. Mais comme c’était un label qu’on aimait bien, on s’est pliés un peu à ses exigences. Donc c’est des morceaux qu’on peut difficilement intégrer dans notre set.

Kleio: On pourrait, mais ce n’est pas l’énergie qu’on a envie d’amener sur scène. 

Shlomo: Là, justement, les nouveaux morceaux sur lesquels on bosse, on les a composés pour le live. On a conscience aussi qu’il faut qu’on renouvelle un peu notre live. Et là, on était un peu piégés avec cet album.

Si les lecteurs vous découvraient aujourd’hui au travers de cette interview, quel titre il faudrait aller écouter pour rentrer dans votre univers?

Kleio: C’est difficile à dire parce qu’on a des influences dans des genres différents. Je ne sais pas s’il y a un seul morceau qui arriverait à définir ce qu’on fait. Celui que je dirais, ce serait ‘The Devouring Dream’.

Shlomo: Moi, je vais en dire un autre, comme ça, il y en aura deux. Je dirais ‘Junktion Rivers’. Il définit un peu notre état d’esprit, j’ai l’impression. Mais c’est vrai que ‘The Devouring Dream’ représente plus l’énergie qu’on a en live.

Aujourd’hui, vous jouez à Belleville, la scène électro du Paléo, mais vos influences sont bien loin de David Guetta, pour prendre une référence électro du public lambda qui n’est pas forcément dans ce milieu-là. Vous, vous mélangez plein de genres. Est-ce que c’est facile de mélanger tous ces genres? Est-ce qu’il y a des milieux dans lesquels c’est plus simple d’amener des influences qui, peut-être de l’extérieur, sont quand même à 180 degrés les unes des autres? 

Kleio: Je ne sais pas. En général, on a une bonne réception du public dans des contextes assez différents. Du coup, j’ai l’impression qu’on a un panel qui est assez varié pour plaire à différentes catégories de personnes.

Shlomo: La niche dans laquelle on est invité un peu plus régulièrement, c’est la scène gothique électronique. On vient du punk, mais nos potes punks disent que la plupart n’en ont rien à foutre de ce qu’on fait (rires). 

Kleio: C’est vrai que c’est plus la scène gothique qui nous suit. 

Du coup, certains milieux sont peut-être plus ouverts et d’autres restent plus puristes?

Shlomo: Le fait d’être plus ouverts, j’ai l’impression que c’est plus une question générationnelle. Parce que si tu regardes avant les années 2000, par exemple, ou même jusqu’au milieu des années 2000, les gens étaient vachement dédiés à une scène. Soit tu étais métalleux, soit tu étais punk, et tu détestais tout ce qui était électronique dans ce cas-là. Tandis que maintenant, les gens écoutent de tout et mangent un peu à tous les râteliers. C’est cool d’un côté, mais je trouve qu’il y a aussi un côté opportuniste. On prend ce qu’il y a et on ne s’investit pas forcément dans telle ou telle scène.

La scène en Suisse, ce milieu alternatif, gothique, etc, il est comment, comparé à ce que vous avez pu observer dans d’autres pays, dans d’autres villes? 

Kleio: Il est très réduit, on va dire. Il n’y a pas vraiment une scène gothique en Suisse. Il y a beaucoup plus, par exemple, en Espagne, à Berlin, en Grèce.

Shlomo: Dans les grandes villes, forcément, à Zurich, il y a un petit peu aussi, malgré tout.

Kleio: Oui, mais pour ce genre musical en particulier, la scène est vraiment très petite.

C’est quoi l’endroit, la ville, le club, qui vous a le plus marqué, où vous avez pu jouer ou aller en tant que spectateur? 

Kleio: Il y a le Umbra Festival, qui a lieu chaque année à Barcelone, qui est assez emblématique de ce microcosme dans lequel on navigue. C’est assez impressionnant en termes de festival, parce qu’il y a tout un contexte autour. Ça a lieu chaque année dans des endroits différents, mais c’est toujours des contextes un peu industriels comme des usines désaffectées.

Shlomo: Sinon, on a joué aussi dans un endroit qui était assez impressionnant. C’était un bateau à Hambourg qui s’appelle le MS Stupnitz, où ils ont une super scène dans le bateau. Les artistes dorment dans les cabines du bateau. C’est une équipe autogérée qui le gère, avec des gens en réinsertion. Il y a plusieurs ponts. D’une scène à l’autre, tu vois à l’intérieur du bateau. Tu vois les machines. C’est hyper impressionnant.

Quand on tape votre nom dans un moteur de recherche, il y a un truc qui ressort, c’est l’humour et l’ironie. Est-ce que c’est des journalistes qui n’ont rien compris ou est-ce que c’est des composantes essentielles de ce que vous faites?

Kleio: Oui, je pense qu’il y a de l’humour. On est assez critiques par rapport au monde qui nous entoure. Mais on n’aime pas le premier degré. On trouve toujours plus intéressant de prendre du recul par rapport aux choses. Parfois avec l’humour, parfois avec une touche de surréalisme.

Shlomo: C’est peut-être aussi notre côté punk. Une qualité du punk, c’est l’autodérision. Par exemple, je vais de nouveau faire mon vieux, mais je suis toujours tellement content quand je vois des gens un peu plus jeunes qui font preuve d’autodérision. Qui se foutent un peu de leur propre gueule et de la gueule de leurs potes. Après, je ne dis pas qu’il y a matière à se plaindre, c’est clair. Mais de toujours rester sur un premier degré, c’est un peu plombant aussi.

Aujourd’hui, ce concert ici à Paléo, dans un festival très grand public par rapport à d’autres endroits où vous pouvez jouer. Comment vous prenez cette date dans votre tournée? Est-ce que c’est paradoxal? 

Oui, c’est peut-être un peu paradoxal. En même temps, nous on a envie de partager notre musique avec le plus de gens possible. Après, les valeurs qu’on défend ne sont pas forcément toujours en accord avec le principe de ce genre de grand festival. Mais en même temps, je pense que c’est aussi important de jouer ici. On est super bien accueillis, il y a de super chouettes équipes.

Shlomo: Disons que ça ne nous a pas effleuré l’esprit de refuser la proposition

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