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SLOMOSA – Schmittner Open Air 2026

Compte-rendu du concert donné le 6 juin 2026 au Schmittner Open Air


Le temps de déguster les Ragusa que nous leur avons apportés et voici les musiciens de Slomosa sur scène, dans un mélange de pénombre et de fumée qui leur sied bien. L’arpège de ‘Afghansk Rev’ finit d’attirer ceux et celles qui terminent une spécialité turque. Il n’y a pas de doute, le gang de Bergen a déjà un public de connaisseurs. Certains sont venus de Genève, d’autres du Jura bernois.

Ben, Marie, Tor et Jard sont en place, épaulés par leur producteur et cinquième membre, Eirik Marinius Sandvick. Leur étonnante décontraction ne les empêche pas de cisailler leurs compos avec autant de sang-froid que Varg Veum dans ses enquêtes dans les bas-fonds de Bergen. Marie Moe, si elle est d’un calme olympien en coulisses, fait corps avec sa basse avec une fougue toute sauf norvégienne. Tor, Jard et Eirik maltraitent leurs instruments respectifs, provoquant un maelstrom sonore du plus bel effet.

Deux familles de Saint-Imier (BE) sont aux premières loges, vêtues de t-shirts griffés Slomosa. Il y a Anya et Daryl Rochat, avec leurs parents Coraline et Yves. Ils sont accompagnés de Nicolas Dubois et son fils Arthur. Ils chantent les paroles des chansons à tue-tête dans une rare intensité. Les jeunes sont agrippés aux barrières, leurs parents ‘headbanguent’ non loin d’eux dans une ferveur qui fait plaisir à voir.

Les familles Dubois et Rochat (Derrière : Nicolas Dubois, Anya Rochat, Coraline Rochat et Yves Rochat; Devant : Daryl Rochat et Nicolas Dubois)

Pendant ce temps, les Norvégiens déroulent : ‘Cabin Fever’, ‘Rice’, ‘Scavengers’. C’est hypnotique. Monolithique. Envoûtant. Le stoner dans ce qu’il a de meilleur, c’est-à-dire sans mièvre référence au Noir Babbath ni lenteur anesthésiante. Les clins d’oeil sont à chercher du côté des regrettés Kyuss et de leur rock du désert. Ce n’est pas par hasard si Ben et sa bande qualifient leur musique de tundra rock comme un clin d’œil à John Garcia et Josh Homme, la toundra étant le désert qui recouvre la quasi-totalité de la Norvège. Qu’il s’agisse de celui de Palm Springs ou celui de la Toundra, ce rock est moite, dangereux, suffocant, épuisant. On n’en ressort pas indemne, et c’est très bien ainsi. Le très énergique ‘Battling Guns’, sobrement dédié à la Palestine, constitue un point d’orgue. Le solo de basse de Marie fait écho aux balles qui sifflent, à Gaza et ailleurs.

Alors que les premiers accords de ‘Horses’ plombent le ciel étoilé, Daryl Rochat et Arthur Dubois, mettent fièrement leur masque de cheval. Ni une ni deux et ils se retrouvent sur scène, aidés par un roadie. Ben se met à genoux devant eux pour le solo de guitare. Les yeux de leurs parents pétillent de fierté. Pour tout le public, c’est un instant magique, un moment suspendu dans le temps, où des enfants sont invités à la table des rois. Sûr qu’ils auront eu du mal à s’endormir ce soir-là.

Slomosa est un groupe singulier, qui appartient à la grande famille du stoner mais qui a su fonder une identité sonore propre, originale et contagieuse, mêlant colère et mélodie comme peu savent le faire. Que leur parcours ne s’apparentera pas à une traversée du désert, cela ne fait aucun doute.

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