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Plini + Sungazer – Pont-Rouge Monthey – 15 mai 2026

Compte-rendu du concert


En ce vendredi de l’Ascension, quoi de mieux que de faire le Pont…Rouge. Soirée instrumentale progressive dans la sympathique salle valaisanne. Performance de haut vol, mais aussi humour au programme. Les absent.e.s ont eu franchement tort de l’être!

Débutons cette soirée avec le quatuor new-yorkais de Sungazer. Pour ceux qui ne seraient pas familier avec cette formation, elle mélange habillement fusion, jazz, funk, metal, électro-pop, le tout, avec une cohérence hallucinante. 

La complexité des arrangements nous donne des sueurs froides. Le maître à penser de la formation, Adam Neely, très drôle et communicatif au demeurant, se permet de nous donner un cours de « odd times signatures  » en nous faisant danser tantôt sur la gauche, puis à droite afin de nous faire ressentir l’effet rythmique voulu. Mais dans une salle garnie au trois-quarts de musiciens, autant dire que le public présent à vite comprit la combine. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne s’ennuie pas et que le temps passe trop vite. En fin de set, et toujours avec humour, Adam sonne le glas de leur ordinateur sur scène, moyennant une marche funèbre improvisée, tout en nous expliquant que cette reprise de Chick Corea, ils l’a joueront sans les artifices modernes. Seuls eux et leurs instruments, point barre ! Sonner l’hallali du click, des backings tracks et des samples fonctionne très bien. Et cela devient tellement rare de nos jours, que ça fait du bien. 

Un ami m’a dit avant le concert : tu vas prendre une claque avec Sungazer. Ça me fait mal de devoir lui avouer cela, mais il avait raison. Et la chose que j’avais très envie, c’était de tendre l’autre joue.

‘An Unameable Desire’, c’est le titre de la dernière galette de Plini sortie le 24 avril dernier. Mais disons le franchement, c’est ce même désir qui nous habite de le revoir sur scène. Avec pas moins de six titres de ce nouvel opus exécutés, le quatuor australien est clairement là pour le défendre, et c’est bien normal ! Le groupe est très en place, affuté, avec une mécanique très bien huilée. Si bien huilée, que parfois, l’on glisse, et l’on décroche un peu. Attention, que l’on ne me jette pas des cailloux, la prestation musicale, la qualité des musiciens et des compositions sont clairement au rendez-vous. Mais il manque le petit supplément d’âme et ce grain de folie que l’on a pu vivre avec…Sungazer. J’en veux pour preuve le petit manque de fluidité du set. A la fin de quasiment chaque morceaux, les musiciens attendaient que leur click démarre dans les in-ears pour enchaîner sur le titre suivant. Ces petits moments de flottement contribuèrent malheureusement à faire baisser l’intensité générale du concert. Les Aussies n’oublient heureusement  pas leurs classiques. L’album ‘Impulse Voices’ est bien représenté, avec pas moins de trois titres joués. On remonte même jusqu’en 2016 avec ces deux morceaux d’anthologie que sont ‘Cascade’ et ‘Electric Sunrise’, issus du magnifique album ‘Handmade Cities’. Après une heure et quart de show, Plini s’en va sans revenir sur les planches. Normal me direz-vous, la prochaine date est le 16 mai à Madrid, faudrait pas arriver en retard !

Une soirée vraiment réussie et agréable du côté de Monthey où l’on ressort le sourire aux lèvres. Plini fut convainquant, mais c’est bien Sungazer qui alimente les discussions d’après concert. Pour ma part, ce sera ce dernier qui caressera mes cages à miel pour les jours à venir! 

Il est indispensable de remercier les personnes en charge de la programmation du Pont-Rouge pour cette prise de risque en invitant Sungazer et Plini. C’est la preuve qu’il est possible d’avoir une programmation pointue, voir presque élitiste, tout en attirant du monde. 

Texte : Pierric Dayer

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