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Elmer Gantry’s Velvet Opera – Elmer Gantry’s Velvet Opera

Chronique retro de l’abum sorti en 1968 chez Epic Records


L’album éponyme d’Elmer Gantry’s Velvet Opera est un pot-pourri d’idées géniales et déjantées, témoignant d’un excellent sens musical pour des morceaux excitants et stimulants, à la croisée du psychédélisme, de la pop, du blues, du Blue Eyed Soul et du rock progressif, proche de groupes comme Blossom Toes ou July. L’unique œuvre de la formation, qui tourne autour du chanteur Dave Terry (alias Elmer Gantry), témoigne d’une grande musicalité et a été une influence pour d’autres groupes. Le groupe de mod anglais The Jam (Paul Weller) a sans doute prêté une oreille attentive à ‘Mother Writes’. Et Led Zeppelin a repris leur chanson ‘Flames’. Robert Plant, le chanteur du Zep, aimait aussi jouer ce morceau, comme par exemple, en 2000 en Italie, lors d’un concert live à Cernobbio (disponible sur YouTube).

Le son de basse caractéristique de Richard Hudson et la batterie filigrane de John Ford sont inimitables et groovy. Avant cela, le groupe anglais avait fait ses armes dans le R&B au début des années 60 sous le nom de The Five Proud Walkers. Par ailleurs, ils étaient également très demandés comme groupe d’accompagnement pour d’autres artistes (notamment Champion Jack Dupree).

Ces expériences ont porté leurs fruits sur ce premier album. Les treize chansons sonnent de manière complexe et sont truffées de détails subtils. Le jeu de basse/batterie enjoué de Mother Writes», le sitar exotique (joué par Hudson) dans ‘Air’, les vocalises acrobatiques de ‘Lookin’ For A Happy Life’, l’intro de basse cool et ludique de ‘Dream Starts’, la folle équipée sauvage et décalée de ‘Walter Sly Meets Bill Bailey’. De plus, Elmer Gantry est un excellent chanteur, tout aussi à l’aise dans le blues que dans la soul. Dans le morceau d’ouverture ‘Intro’, l’orgue de Gantry déborde d’âme. La version démo de ‘Flames’ (piste bonus) sonne également plus soul. Dans la reprise du classique de rhythm and blues d’Oscar Brown Jr., ‘I Was Cool’ (‘But I Was Cool’ dans l’original de 1960), il interprète le bluesman de manière authentique. Cette réédition contient onze titres bonus. On y entend les versions singles de ‘Flames’ et ‘Mary Jane’, ainsi que la chanson ‘Talk Of The Devil’ issue du court-métrage éponyme. C’est une bonne chose qu’il existe des labels comme Think Like A Key Music pour raviver sans cesse le souvenir de ce merveilleux album.

Texte : Robert Pally

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