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Between The Buried And Me – Kiff, Aarau – 14 mars 2026

Compte-rendu du concert du 14 mars 2026


Se rendre à un concert de Between The Buried And Me, c’est l’assurance d’une épopée musicale traversant diverses influences, mais aussi d’avoir une setlist de 10 titres qui vous donne l’impression d’en avoir eu droit à 20. C’est un peu, vous me direz, une constante dans l’univers vaste et varié du metal progressif ! C’est parti pour des morceaux à rallonge, façon tiroir de pharmacie. Maintenant que vous avez l’image, on peut plonger plus en détail dans cette soirée. 

Pour ouvrir les feux, les Allemands de Monosphere débarquent de leur Mainz natal pour nous présenter leur deathcore progressif expérimental, voir atmosphérique. Totalement inconnu pour moi, je m’étais interdit d’aller écouter ce que le groupe avait à offrir pour avoir droit à une surprise. Mais parfois les surprises ne sont pas bonnes, et l’avantage d’une chronique c’est qu’on ose le dire sans froisser. Les compositions du quatuor sont linéaires et se ressemblent toutes. Une mise en son fade et brouillonne ne fait qu’enfoncer le clou de l’ennui. Seuls quelques instants de symbiose rythmique et de groove permettent de se dire que le potentiel est là, mais qu’il y a encore du job pour rendre le tout digeste.

Après un très court changement de scène, c’est à 20h30 précise que Between The Buried And Me balance les premiers accords de ce qui sera, comme de coutume, une odyssée de notes, de styles et d’influences diverses et variées. C’est avec Absent Thereafter que le groupe ouvre les hostilités. Titre tout en shuffle, aux sonorités clairement country, qui n’est pas sans rappeler Voice of Trespass ( Automata II, 2018) en terme de structure. Le groupe sonne bien et tout est très en place. Paul Waggoner, fantastique guitariste au demeurant, nous régale d’entrée avec ses rythmiques ultra précises et ses solos bien sentis en arpèges sweep. Le presque nouveau guitariste rythmique Tristan Auman ( Sometime in February) a su se faire sa place dans ce groupe déjanté. Il n’hésite pas à venir fouler les devants de la scène avec un Paul visiblement heureux de lui céder un peu d’aura. S’il fallait nommer un titre incontournable de BTBAM, c’est bien The Endless Obsession qui vient en premier. Issu du mythique album Alaska, et à peine ses premières notes débutées, que la ferveur du public monte d’un cran pour ne plus redescendre durant les huit minutes de bonheur qu’est ce morceaux. Blake Richardson se veut percutant et nous fait la démonstration de sa musicalité. Il est un peu à la batterie ce que le couteau suisse est au couteau. Soit polyvalent et fiable. 

Le concert passe vite. Trop vite même. Les Américains nous quittent déjà après 1h20 de show. La bonne mise en avant du dernier né The Blue Nowhere, avec trois titres issu de cet album, nous a permis de constater que ses nouvelles compositions passent aisément l’épreuve du live. Complétons cette setlist avec un joli voyage dans la discographie de BTBAM et l’on obtient une sacrée bonne idée du talent de composition de Tommy Rogers. 

Afin de quand même chouiner un peu, je me dis qu’un petit quart d’heure supplémentaire n’aurait pas été de trop. Ce n’eût été l’affaire que d’un titre pour un groupe de metal progressif ! Mais rigueur je ne leur en tiendrais point et fidèle à leur monde je resterai.

Texte : Pierric Dayer

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