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WOLFMOTHER – 3 concerts en Suisse

Preview des trois dates helvétiques du 24 au 26 août 2026


24 août 2026 – Mühle Hunziken (Rubigen)
25 août 2026 – Kofmehl (Soleure)
26 août 2026 – Les Docks (Lausanne)

Le 4 août dernier, la major BMG révélait qu’elle avait acquis les droits d’édition et les droits relatifs aux royalties sur tout le catalogue d’Andrew Stockdale, fondateur et tête pensante (et chevelue) du trio australien Wolfmother. Si le montant de la transaction n’a pas été révélé, on peut légitimement supposer que le musicien s’est mis à l’abri du besoin pour un bon bout de temps, ce qui est, à notre sens, plus que mérité.

« Peu de groupes australiens ont su se constituer un répertoire ayant une portée mondiale, un impact culturel et une influence aussi durable que ceux de Wolfmother », a expliqué Heath Johns, président de BMG pour l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Asie du Sud-Est. « J’ai signé le premier contrat d’édition d’Andrew en 2005, avant que le groupe ne conquière le monde et deux ans avant qu’il ne remporte un Grammy. Je garde toujours sur mon bureau ce CD de démos originales contenant ‘Woman’, ‘Joker And The Thief’, ‘Dimension’ et ‘White Unicorn’. »

Voilà une belle reconnaissance pour un musicien qui, mine de rien et le plus souvent en marge de l’industrie musicale, a su rester sur le devant de la scène rock pendant plus de deux décennies en publiant six LP de qualité supérieure et un effort en solitaire hautement énergisant (‘Keep Moving’ en 2013) en écumant inlassablement les salles de concert autour du globe.

Andrew Stockdale est avant tout un pionnier du revivalisme du hard rock. La sortie de ‘Wolfmother’ en 2005 fit l’effet d’une bombe dans le petit monde du rock qui se demandait justement si le genre était mort. Ses caractéristiques ? Une voix cristalline très haut perchée, des riffs ancrés dans le fertile terreau des seventies, une énergie sauvage et occulte, une pochette historico-mystique et des mélopées qu’auraient jalousé les sirènes de l’Odyssée d’Homère (d’alors).

Ceci nous paraît peut-être tout à fait usuel en 2026, mais dans le contexte de 2005, c’était tout sauf évident. Ce retour aux sources naturelles du hard rock était incongru, tout au moins culotté, à une époque dominée par les accords stridents et les tempos saccadés de la meute nu-metal. Oser un clin d’œil si prononcé au blues cher à Led Zep et Blue Cheer n’allait pas de soi. Andrew Stockdale a eu ce courage, ouvrant la voie à une foultitude de formations qui ont contribué au renouveau du hard rock classique, Rival Sons en tête. Lors de notre rencontre avec Andrew Stockdale en 2016, il s’en expliquait : ‘J’accepte que l’on me donne ce crédit. Lorsque ‘Woman’ est sorti, cela a créé une inspiration. En voyant que nous avions obtenu un Grammy pour cette chanson, d’autres groupes se sont dit qu’ils avaient une chance de percer en mettant l’accent sur les riffs de guitares et en perpétuant un vieux style de musique mais d’une manière nouvelle. Toute l’histoire du rock est bâtie sur la réinvention du blues et de l’utilisation de la guitare à partir de ce qui s’est fait auparavant. Il ne s’agit pas de plagier, mais de se laisser inspirer par le meilleur. Lorsque les Rolling Stones ont débuté, Keith Richards n’a fait que reprendre ce qui se faisait de mieux en matière de blues des années 30.’

La K7 de démos évoquée plus haut par Heath Johns a donné naissance à l’un des albums de hard rock les plus emblématiques de ces vingt dernières années. Ceux qui ont suivi sont de la même veine (l’effet de surprise en moins) et regorgent d’hymnes dont même un malade d’Alzheimer se souviendra. Une seule écoute de ‘Rock’n’roll survivor’ achèvera de convaincre le dubitatif. Cette ode cosmique sortie tout droit des entrailles du Sabbat Noir, jouée à mi-tempo pour mieux hypnotiser l’auditeur.trice, fait partie de ce qui s’est fait de mieux en matière de hard rock classique.

De plus, la musique de la Mère Louve recèle cette étincelle qui propage une énergie positive et nous incite à la reconnaissance, comme il nous le disait lors du ‘Victorious Tour’ : ‘Le disque parle de ces petites victoires que chacun d’entre nous peut obtenir au quotidien. Pour un fumeur qui essaie d’arrêter, un jour sans fumer est une victoire. Le titre de l’album n’est pas à prendre au sens compétitif, mais sur un plan personnel. Pour moi, me produire sur scène malgré une journée difficile peut être une victoire parfois. Être victorieux, c’est un état d’esprit : profiter des petites choses de la vie, franchir des obstacles, cela en fait partie. Les petites victoires peuvent nous aider à en obtenir de plus grandes quand il s’agit d’affronter des problèmes plus graves. Le plus important est d’avoir une perspective positive sur les événements et de ne pas amplifier les problèmes. Tout est une question de proportions. J’essaie aussi d’être reconnaissant pour ce que j’ai. La gratitude prend une grande place dans ma vie : je suis reconnaissant parce que je mange à ma faim, j’ai un toit, je fais ce que j’aime faire et je suis entouré de mes amis. En tant qu’humains, nous sommes parfois d’être créatifs et imaginatifs quand il s’agit d’exagérer nos peurs, nos anxiétés, nos soucis. Voir les problèmes en ayant pris de la hauteur aide à les relativiser. Et puis jouir pleinement des bons moments et des expériences positives renforce notre bien-être.’

Quoi qu’il en soit, Wolfmother est le fruit d’une démarche sincère, authentique, honnête et entêtée qui s’inscrit dans la durée. Soit tout le contraire de Greta Van Flûte, produit fabriqué par l’industrie musicale sur un coup de pouce de Robert Plant himself. Celle ou celui qui n’a pas encore vécu l’énergie véhiculée dans un concert du trio de Sydney a trois possibilités de se rattraper, le groupe se produisant généreusement dans différents endroits de notre beau pays, à Lausanne, à Berne et à Soleure. De quoi rendre toute excuse irrecevable.

Pascal Vuille

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