Skip to main content

Tom Smith – L’Âme mise à nu

Compte-rendu du concert du 15 mars 2026 au Kaufleuten de Zurich


Son premier album solo paru en décembre dernier (« There Is Nothing In the Dark That Isn’t There In the Light », PLAY IT AGAIN), Tom Smith – chanteur, guitariste, claviers et âme d’Editors – venait le défendre au Kaufleuten de Zurich à l’occasion d’une tournée européenne lancée quatre jours plus tôt à Cologne.

La jolie salle des bords de la Limmat était aménagée en configuration assise, assurant au public des conditions optimales pour apprécier le passage en live de son opus. Pour l’occasion, Tom Smith était accompagné de Nick Willes à la guitare (acoustique et électrique) – claviers et chœurs, donnant ainsi davantage de puissance à la prestation du leader d’Editors. L’intégrale de « There Is Nothing In the Dark That Isn’t There In the Light » (moins un titre) et plusieurs chansons emblématiques d’Editors revisitées allaient nous être interprétées lors d’un délicieux concert d’une heure quarante.

Revenons brièvement à l’album, composé dans un studio du Donegal, au nord-ouest de l’Irlande, loin de la furie du monde actuel. La douceur de la musique et l’humanité des textes de Tom peuvent s’unir harmonieusement. Nostalgie, résilience, intimité et espoir, malgré tout – comme l’annonce le titre de l’album – sont les ingrédients de ce disque à la beauté épurée, primaire, sublimée par la voix au grain chaleureux.

La scène du Kaufleuten est sobre : quelques spots discrets en fond de scène ajoutés aux projecteurs de la salle, deux tabourets et les instruments des artistes. Pas d’esbrouffe, ce n’est pas le propos, mais bien au contraire une sincérité et parfois un lyrisme romantique – au sens premier du terme. Une démarche différente de la fougue rock – new/cold wave d’Editors.

Tom et Nick entrent discrètement en scène et prennent place sous les applaudissements des fans.

Le concert débute avec le bien nommé ‘Deep Dive’ dont un vers a donné le titre à l’album.

L’acoustique est parfaite, le public est d’emblée sous le charme de la voix charismatique de Tom. Deux autres titres de l’album solo suivent (‘How Many Times’, ‘Endings Are Breaking My Heart’) avant la première salve de chansons d’Editors (‘All the Kings’ et ‘The Weight’).

La setlist sera ainsi composée par les propres compositions du chanteur anglais s’entrelaçant avec celles de son groupe. Ces dernières, pour la plupart jouées sur un tempo plus apaisé et en acoustique, trouvent une nouvelle vie et s’épanouissent dans le jardin de nos cœurs. Points forts avec notamment le bouleversant ‘No Sound But the Wind’, ‘The Phone Book’ ou ‘An End Has a Start’. A relever aussi ‘It Ain’t Me, Babe’, cover de Bob Dylan que Tom interprètera seul sur le devant de la scène.

Nos coups de cœur vont à ‘Life Is for Living’ (« … Life is for living / Any way you want / Life is for living / Live it ‘till it’s gone… »), l’enjoué ‘Souls’, l’intimiste ‘Northern Line’ et le nostalgique ‘Lights of New York City’, tous de l’album solo. Que dire des hymnes d’Editors comme ‘’Blood’, ‘Munich’, ‘Ocean of Night’ dans leur « substantificque moelle » si ce n’est qu’ils sont irrésistibles, touchant presque au sublime avec ‘Papillon’ et ‘Smokers Outside the Hospital Doors’ qui tire le rideau sur cette belle soirée.

Texte et photos : Jean-Blaise JB Betrisey

Partagez l’article !