Skip to main content

Suede – Ferveur et sueur aux Docks

Compte-rendu du concert du 28 mars 2026 aux Docks, Lausanne


« Antidepressants » (BMG, 2025), leur dernier album sorti en septembre dernier, avait fortement marqué les esprits, unanimement salué par la presse et les fans. C’est dire combien le retour sur scène des Anglais de Suede était attendu, plusieurs dates du « Dancing With the Europeans Tour 2026 étant complètes dont celle des Docks. En ouverture de soirée, on nous annonçait swim school, quatuor écossais émergent flirtant entre rock indie, alternatif et shoegaze.

Emmené par Alice Johnson au chant et à la guitare, swim school a vu le jour en 2018, se faisant connaître par des premières parties de qualité. Traversant la parenthèse désenchantée de la pandémie tant bien que mal, comme la plupart des artistes, le quatuor d’Edimbourg sortira plusieurs EP’s avant son premier album en octobre dernier (« Swim School (This Is the Debut Album) » LAB Records, 2025).

Le groupe est heureux de présenter son premier opus en live et remercie le public d’être venu si tôt pour les soutenir. La voix claire, douce et légèrement éthérée d’Alice nous rappelle celle d’Harriet Wheeler, chanteuse de The Sundays dans les 80’s tandis que son charmant visage fait penser à Debbie Harry à ses débuts. La musique de swim school emprunte à sSlowdive (dont le titre du groupe est écrit en minuscules comme celui des Ecossais), The Cure voire Garbage pour un son attachant qui lui est propre. Coups de cœur pour le mélodique ‘Say It All’, l’entraînant ‘On & On’ et l’efficace ‘Heaven’. On espère voir à l’avenir swim school en tête d’affiche ou dans des festivals de notre région, ils le méritent bien.

Suede, monument du glam rock – brit pop – post-punk fondé en 1989 se rappelle à notre bon souvenir. Dans la mouvance de The Smiths, Blur, Oasis, Paul Weller, le quintette britannique prise également l’éclectisme du caméléon David Bowie et le côté glamour pailleté des premiers albums de Roxy Music. N’y a-t-il d’ailleurs pas un air de ressemblance entre Brett Anderson et Bryan Ferry dans sa jeunesse ? Et que dire de son phrasé et de son timbre de voix qui font hommage au Thin White Duke ? Réputé pour son jeu de scène dynamique voire explosif, nous nous réjouissions de voir le gang légendaire évoluer aux Docks, dans une salle à dimension humaine.

Les Anglais arrivaient avec un show bien rôdé pour l’avant-dernière date anglo-européenne du « Dancing With the Europeans Tour 2026 » (une trentaine de concerts). Une tournée où Suede a pris (un malin) plaisir à varier sa setlist d’un soir à l’autre, particulièrement pour les derniers shows. Ainsi, pour le concert de Lausanne, ce sont 18 titres de pas moins de 8 albums différents qui seront interprétés. Des tubes et des hymnes, bien sûr, mais aussi quelques pépites plus rares.

On relèvera une interprétation puissante de ‘Personality Disorder’ où l’on voit Brett arpenter la salle en long et large, demandant la participation des fans en venant littéralement à leur contact, pointant l’index vers la foule puis le bras dressé vers le ciel et le micro vers la foule. Le contact est instantané, le feu est mis aux poudres. Comme s’il y en avait besoin, Suede met des huiles essentielles sur les flammes et embrase le public avec ‘Trash’, le mega hit repris en chœur par les Docks in corpore. Sans aucun doute, on va vivre une soirée d’anthologie dans l’antre lausannois. Pas de répit pour les damnés, on embraie sur l’irrésistible ‘Filmstar’. ‘Crackheads’ bien rythmé permet à Brett de singer Mick Jagger avec un déhanché aguicheur. Les musiciens font le job, Brett fait le show et prend autant son pied que les fans en délire.

Double respiration acoustique et moment de douceur avec ‘Heroin’ et l’émouvant ‘Life Is Golden’ un peu plus tard. Coups de cœur pour le punchy ‘Can’t Get Enough’, l’imparable ‘It Starts and Ends With You’, ‘June Rain’ magnifique ballade du dernier album et ‘Everything Will Flow’. Jolie surprise avec le duo Alice Johnson (de swim school) et Brett Anderson sur ‘She Still Leads Me On’, les deux chanteurs tombant dans les bras l’un de l’autre à la fin de la chanson. Un sublime ‘Beautiful Ones’ dont le refrain sera une nouvelle fois repris par le public clôturera le concert, Brett descendant dans la fosse et chantant avec les fans en délire.

En rappel, le classique ‘Saturday Night’ de circonstance, avec un Brett Anderson à la chemise trempée et au large sourire, généreux comme jamais. Il est où l’esprit du rock, il est où ? Il est là !

Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey

Partagez l’article !