Quand deux fines gâchettes de la six-cordes se rencontrent – hard rock (Adrian Smith d’Iron Maiden) et blues rock (Richie Kotzen, ex- Poison, Mr. Big, The Winery Dogs) – pour former un projet musical et partir en tournée, c’est un événement dont il ne faut surtout pas se priver. Smith / Kotzen passait par le Volkshaus de Zurich pour la seule date suisse de la tournée de son dernier album, « Black Light / White Noise » (2025, BMG). En première partie, remplaçant au pied levé The Kris Barras Band dont certains musiciens étaient malades, ce sont les sympathiques Soleurois de Bluedög qui allaient chauffer la salle.
Bluedög est un groupe de blues rock aux accents parfois hard formé par Philipp Gerber aka Phipu Bluedoeg Gerber. Un look à la Zakk Wylde, éminemment sympathique, il manie la guitare avec talent et générosité et couvre également les parties vocales. Phipu ne manque pas de venir au contact du public et l’incite à l’accompagner sur les refrains. En fin de concert, Jonas Wolf (Illumishade, Eluveitie) rejoint le groupe sur une chanson pour une partie fine de grattes. Chapeau à Bluedög pour avoir brillamment endossé le rôle d’ouvreur à la dernière minute.
Smith / Kotzen ce sont deux familles musicales qui se rencontrent pour le meilleur, drainant des fans d’horizons divers. Loin d’être un ersatz d’Iron Maiden, les talents conjugués des deux guitaristes (et chanteurs) enfantent un style propre au groupe de hard rock mélodique et pêchu teinté de blues. Mauvaise surprise, le Volkshaus était à moitié plein (ou vide, c’est selon), on se demande bien pourquoi. C’est bien mal récompenser les efforts de Good News Productions pour avoir fait venir ces deux pointures du hard rock, occasion rare et singulière. Offre abondante de concerts, exposition médiatique trop faible, on se pose encore la question.
Le groupe débute le set avec l’intro mélodique de ‘Life Unchained’ où les guitares s’enlacent avec fluidité avant que la chanson ne s’emballe sur un rythme entraînant. Adrian et Richie alternent chant et soli de guitares tout au long des titres qui s’égrènent, Smith a un timbre de voix plus brut de coffre que le velouté de Kotzen qui pousse dans les notes plus perchées. A leurs côtés, Bruno Valverde (Angra, Kiko Loureiro Trio) à la batterie et la souriante et charmante Julia Lage (Vixen, One More Satellite) – Valentine de Richie – à la basse et aux chœurs. Tous deux assurent une rythmique efficace et bondissante pour une assise idéale aux maestri. Le dernier album est tout naturellement mis en avant avec sept titres interprétés.
Nos coups de cœur vont au bluesy ‘Glory Road’ – chaloupé et irrésistible – qui rappelle Glenn Hughes, ‘Blindsided’ à l’intro façon Mr. Big, ‘Darkside’ – petit bijou lorgnant du côté de Bad Company et au très beau ‘Scars’ à l’intro délicate. En rappels, ‘You Can’t Save Me’, magnifique titre solo de Richie et final champagne avec ‘Wasted Years’ pour une cover alternative du célèbre hit d’Iron Maiden. Une heure quarante de hard rock stylé où l’on n’a pas vu le temps passer, les absents avaient vraiment tort.
Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey



