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SAXON + GIRLSCHOOL + FIREBORN – Z7 Summer Nights – 4 août 2026

Nouvelle et ancienne garde du heavy metal


Les amplis étaient encore fumants de la soirée mémorable de la veille (Savatage + Nevermore) qu’une nouvelle horde de métallurgistes investissait la cour de la Z7 peu avant 19h00. Trois groupes étaient au menu : les jeunes Allemands de Fireborn et les vétérans britanniques de Girlschool et Saxon, de quoi se rappeler d’excellents souvenirs musicaux, réviser ses classiques et se désensabler les portugaises.

C’est en voisin que Fireborn décoche les premières flèches sur la scène extérieure de la Z7. Les Allemands de Lörrach sont emmenés par Jenny, chanteuse au tempérament de feu et à la voix au timbre légèrement rauque. Un hard rock plutôt classique qui peut rappeler Halestorm ou Doro, leur illustre aînée, avec des duels de riffs intéressants entre Dennis et Chris. Deux albums sont à mettre à l’actif de Fireborn, « Reflections » (Deko Entertainment, 2023) et un second opus cette année (« Dreamcatcher », El Puerto Records). Même si l’ensemble est assez convenu et sonne comme déjà entendu, nous passons un bon moment avec nos cousins Germains.

Nous avions eu le plaisir de retrouver les légendaires britanniques de Girlschool début 2025, déjà en ouverture de « The Mighty » Saxon. Quel bonheur de revoir Kim McAuliffe (chant et guitares), membre fondatrice du groupe (1978), accompagnée de Jackie Chambers (guitare), Olivia Airey (basse) et du batteur Larry Paterson (qui remplace Denise Dufort – également membre fondatrice – depuis deux ans suite à des problèmes avec ses mains… comme Phil Collins ?…). Un heavy metal simple, direct et efficace qui flirte parfois avec le punk des Ramones. On y perçoit également, quasi en permanence, le son et le rythme de Motörhead. Lemmy, tel un grand frère bienveillant, avait pris Girlschool en tournée au début de sa carrière et permis à celui-ci d’avoir une plus grande reconnaissance.

Le groupe tourne avec quasiment la même setlist que l’an dernier, sorte de mini best-of, et c’est très bien ainsi. ‘Demolition Boys’ donne tout de suite le ton tandis que ‘C’mon Let’s Go’ déborde d’énergie punk et électrisante. On a adoré le classique ‘Hit and Run’, ‘Kick It Down’- sorte de Status Quo énervé, ‘Nothing to Lose’ qui rappelle les tous premiers albums de The Pretenders. A relever deux covers très bien senties, ‘Race With the Devil’ (The Gun) et ‘Bomber’ (Motörhead), remarquable hommage à leurs amis aînés. Point final avec l’énervé ‘Emergency’ qui secoue les fans une dernière fois. Ces irréductibles Anglaises étaient tout sourire à la fin de leur prestation chaleureusement saluée par le public.

The Mighty Saxon, légende vivante du NWOBHM (toujours aussi amusant l’acronyme de New Wave of British Heavy Metal) était attendu par une cohorte de fans toujours aussi fidèles, portant fièrement les couleurs de près de 50 ans de tournées comme autant de campagnes militaires. La comparaison est justifiée car l’Histoire et la mythologie (comme pour Iron Maiden) sont souvent au centre des textes des valeureux Anglais. La pluie qui se met à tomber sur Pratteln n’entame pas la ferveur du public qui scandera « Saxon ! Saxon ! Saxon ! » entre deux titres tout au long du concert.

Début des festivités avec l’imposant ‘Hell, Fire and Damnation’, titre éponyme du dernier album studio en date. On découvre une scène sobre, couverte d’amplis Marshall frappés du logo du groupe et entourés de deux statues de lions majestueux. Le groupe est réuni sur la première marche où se trouve la batterie de Nigel Glockler, tout un symbole : « One for all, all for one ». Une stabilité et une unité qui ont permis à ce groupe si cher à nos cœurs de traverser un demi-siècle, rien que ça.

Dans la foulée, Biff nous annonce la sortie d’un nouvel album, « Gods of Thunder », à paraître en janvier 2027. Une tournée sera à suivre au printemps, les premières dates anglaises étant déjà annoncées. Après quelques titres, quelques fans des premiers rangs jettent sur scène leurs gilets aux couleurs du groupe. Ni une ni deux, Biff et ses musiciens les endossent et joueront une bonne partie du concert avec. Un sympathique rituel qui montre bien la communion entre le groupe et l’une des plus loyales fanbases du heavy metal.

On a apprécié la diversité de la setlist qui fera la part belle à neuf albums du groupe (sur 25 albums studio à ce jour et 2 albums de covers). A mi-concert, petit jeu amusant de Biff qui demande au public de choisir entre ‘Broken Heroes’ et ‘The Eagle Has Landed’ à l’applaudimètre avant de déclarer que le groupe jouera les deux titres. Gros coup de cœur pour les anciens titres de Saxon, pierres angulaires d’une carrière exceptionnelle. Des interprétations toujours aussi pêchues et reprises en chœur par les fans au taquet : ‘Heavy Metal Thunder’, ‘Strong Arm of the Law’, ‘Denim and Leather’, ‘Wheels of Steel’.

On souligne une nouvelle fois la qualité du son – pas évident à l’extérieur et avec les conditions météo du soir. Pas de salamalecs ou de rappels, Saxon reste sur scène pour les trois titres finaux comme autant de banderilles incandescentes : l’épique ‘Crusader’, le poignant ‘747 (Strangers in the Night)’ et le classique parmi les classiques, ‘Princess of the Night’.

En un mot comme en cent, on attend de pied ferme le gang du Yorkshire sur nos terres le printemps prochain.

Texte : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey

Photos : Gilles Simon

Galerie Saxon
Galerie Girlschool
Galerie FireBorn

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