Luke De-Sciscio s’inscrit dans la grande tradition des songwriters anglophones, autoproduit et se produisant en solo. Entre 2014 et 2024, il enregistre 17 ( ! ) albums à l’écriture personnelle et engagée, d’une sensibilité rare et sincère. Depuis toujours, il voue une admiration sans bornes à Jeff Buckley. En 2013 déjà, il avait participé à New York à un concert hommage à l’artiste trop tôt disparu. Ce concert Antigel avait lieu au douze dix-huit, joli petit Théâtre du Grand-Saconnex d’une capacité de 100 places assises. L’événement était bien sûr complet depuis quelques semaines déjà.
En préambule, M. Michel Pommato (du conseil de la Fondation pour l’animation socioculturelle (FASe) auprès de l’Association des Communes Genevoises) a souligné le lien fédérateur et innovateur du Festival Antigel qui a délocalisé ses événements dès ses débuts en associant toutes les communes du canton. En ce sens, il a remercié et félicité Eric Linder, codirecteur du festival, également présent. Ce dernier a présenté Luke De-Sciscio en rappelant que l’artiste était déjà venu jouer à Antigel en février 2020, un mois avant le tristement célèbre lockdown. Comme Luke, Eric avoue qu’il est un fan inconditionnel de Jeff Buckley et se souvient de l’attirance irrésistible d’un vinyle de l’artiste dans un magasin de disques genevois dans les années 90.
Luke De-Sciscio se présente seul sur la scène à l’éclairage tamisé et intimiste, un peu intimidé, et s’empare de sa guitare acoustique. Il souhaite au public et se souhaite de vivre une belle soirée, déclarant que la musique de Jeff Buckley est entrée très tôt dans sa vie et lui a donné l’envie de composer et jouer. La voix de Luke est époustouflante, à mi-chemin entre Buckley et Asaf Avidan, fusant avec élégance dans les notes élevées comme pour y décrocher les étoiles. Une discrète complicité s’installe d’emblée entre les auditeurs et l’artiste.
Parmi les perles poétiques interprétées, on a adoré ‘Lover, You Should’ve Come Over’ d’une délicatesse divine et ‘All Flowers In Time Bend Towards The Sun’ sur laquelle Luke demande au public de l’accompagner sur le refrain, superbe. L’artiste jouera également quelques titres de son répertoire dont ‘R.O.B.Y.N.’ – sur lequel il s’amusera également avec les auditeurs et ‘The Birds Don’t Stop Singing’, inédit qui figurera sur son nouvel album et interprété pour la première fois en live.
Le concert s’achèvera en beauté avec une émouvante version de l’immortel ‘Hallelujah’ de Leonard Cohen – titre déjà transcendé par Jeff Buckley en 1994. Luke fait vraiment des prouesses avec sa voix sans pour autant tomber dans la surenchère. A la fin du titre (12’40’’), la salle est aussi émue que l’artiste – des anges passent, frissons et yeux mouillés de bonheur – avant un tonnerre d’applaudissements bien mérités. Encore une soirée magique dont Antigel a le secret.
Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey



