Dana Fuchs avait choisi la plus belle (petite) salle de concert de Suisse pour la dernière date du « Zurück nach Deutschland Tour 2026». Il faut dire que la chanteuse américaine fait quasiment partie de la famille de la Mühle Hunziken, s’étant déjà produite à six ( !) reprises à Rubigen par le passé, la première fois en 2011. Famille musicale mais aussi famille de sang, des liens sacrés chers à Dana qui a emmené en tournée ses deux fils de 6 et 8 ans et demi. Avant le show, l’équipe de la Mühle avait organisé une jolie petite fête d’anniversaire pour August, le cadet. Cette délicate attention a profondément touché Dana qui l’a documentée sur les réseaux sociaux.
Presqu’un air d’été à Rubigen en cette soirée de début avril où le thermomètre affichait 23 degrés. Un temps idéal pour profiter en extérieur du jardin des délices de la Mühle qui propose d’irrésistibles élixirs et de bons petits plats dans un cadre surréaliste.
Dans la foulée de sa dernière galette live encore chaude (« Live In Denmark », Ruf Records) sortie en mars dernier et de son album studio « Borrowed Times » (Ruf Records, 2022), Dana Fuchs arrive sur scène décontractée et tout sourire. La proximité du public autour de la petite scène comme un patio, les différents étages garnis de fans appuyés aux balustrades et la décoration vintage sont autant d’ingrédients qui contribuent à créer l’ambiance unique de l’endroit où tout un chacun se sent chez soi.
Avec Jon Diamond à ses côtés, fidèle compagnon musical des débuts et excellent guitariste, Dana fait merveille avec sa voix puissante et éraillée qui rappelle Janis Joplin. Son énergie sur scène et son charisme font également écho à l’égérie des seventies. On a adoré ‘Hard Road’ et son boogie sur fond de slide guitar, ‘Blue Mist Road’ et son ambiance moite hantée par les fantômes de Louisiane et du Delta. Petite pique politique bluesy avec ‘Superman’ que Dana avait composé à la suite de l’élection présidentielle de George W Bush, pensant avoir vu le pire. C’est un titre sur lequel on peut apprécier toute l’intensité et les couleurs de la voix de l’Américaine.
Dana excelle aussi sur les ballades dont ‘Nothing You Own’ aux émouvantes paroles d’espoir et de courage et l’entraînante ‘Borrowed Time’ qui sera interprétée en rappel. A relever une jouissive cover de ‘Sympathy for the Devil’ des Stones qui mettra le feu à la salle en fin de set, les fans donnant le rythme à grands coups de « UH-UUUUH ». Un concert dont on repart meilleur et avec la banane. C’est ça aussi la magie de la Mühle Hunziken.
Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey



