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John Corabi – L’insatiable troubadour

Compte-rendu du concert du 22 février 2026 à la Z7 de Pratteln


Dimanche 22 février. Alors que la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Milan-Cortina bat son plein, six médaillés du rock dur font leur entrée sur la scène du Mini-Z7, visiblement heureux d’y avoir été conviés. Ils arborent un sourire qui fait écho à la joie des hockeyeurs américains, tout juste sacrés champions olympiques grâce à une étincelle de Jack Hughes.

Flanqué de quelques amis au CV long comme le livre du Deutéronome, John Corabi, troubadour sapé comme un bohémien chic, manifestement de très bonne humeur, entonne «New day», hymne qui fleure bon les seventies dont les paroles positives sont serties sur des arrangements vocaux que ne renierait pas le Chris Robinson Brotherhood. Ce nouveau titre, qui inaugure son tout premier LP solo («New day», à paraître le 24 avril), donne le ton. Pourtant signé chez Frontiers, nous n’avons pas affaire à un pseudo-groupe fabriqué à coups d’éclats marketing et d’échanges d’enregistrements MP4 aux quatre coins de la planète. Mais à un authentique collectif de musiciens chevronnés qui vivent visiblement bien ensemble et qui, regroupés autour de leur chantre, distillent leur passion pour le rock de toute obédience.

Tout ce beau monde, mine de rien, a joué ou travaillé avec Steven Tyler, Ozzy, Alice Cooper, Whitesnake, Ace Frehley, Shery Crow ou encore Tesla. Ils sont là pour soutenir l’aventure en solitaire de Crabby, forcément, mais surtout pour le fun. Cela se voit, cela se sent. Il va s’ensuivre un florilège de perles sonores glanées dans l’historique du gouailleur patenté (The Scream, Mötley Crüe, Union, Dead Daisies). Le point culminant d’un concert enchanteur quoiqu’un peu court (au-deçà des 90 minutes syndicales), la reprise totalement réarrangée de «Hooligan’s holiday». Alors que la version originale évoquait le climat post-grunge humide de Seattle, la version 2026 est lumineuse et brûlante comme le soleil texan.

Si Corabi n’a jamais caché son accointance avec les Beatles et Led Zep, c’est une palette sonore beaucoup plus riche qu’il dévoile ce soir, piochant allégrement aux sources du boogie, du folk, du surf, du swamp, du metal. Alice In Chains, ZZ Top, les Black Crowes ou les Beach Boys ne sont jamais loin. Le point de repère dans tout ça ? Cette voix généreuse, éraillée, immédiatement identifiable, qui n’est pas sans rappeler Rod Stewart ou Peter Criss. Les nouvelles compos («1969», «When I was young» ou encore «Good to be back here again») occupent une place confortable dans la setlist et donnent un avant-goût des saveurs de la nouvelle galette.

La cérémonie sonique se terminera par «Midnight Moses», une reprise du Sensational Alex Harvey Band. Sensationnelle. Puis par «Man in the moon», la chanson de The Scream par quoi tout a commencé pour John Corabi en 1991. Si à quelque part la boucle est ainsi bouclée, la sortie imminente de «New day» est toutefois annonciatrice de beaux jours. Corabi a décidé d’ajourner sa retraite. Tant mieux pour nous.

Texte : Pascal Vuille

Photos : AceBee Pics

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