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A.A. Williams, l’autre dame en noir

Compte-rendu du concert du 19 février 2026 au Kiff à Aarau


C’est au KIFF qu’il fallait se rendre en une soirée d’hiver pluvieuse pour assister à la seule date helvétique de l’envoûtante A.A. Williams et notamment découvrir en live ses deux nouveaux singles, ‘Just a Shadow’ et ‘Wolves’. En ouverture, nous étions curieux de découvrir Spotlights, le trio étasunien qui manie le fouet et la plume avec son sludge metal teinté de shoegaze.

Spotlights est composé du couple Sarah et Mario Quintero, respectivement à la basse/chœurs et à la guitare/chant, et de Chris Enriquez (batterie). Fort de cinq albums studios et d’une flopée d’EP, le trio envoie la sauce en live. 

Des riffs qui partent en vrille et vous transpercent le cerveau, des tempos soutenus et parfois heavy alternent avec des parties plus calmes, mélodiques et presque éthérées. On a particulièrement aimé ‘The Grower’, long titre qui débute avec des accords sabbathiens avant de finir en douceur. Le rythme martial de la batterie rappelant l’univers bruitiste de NIN contraste avec la voix feutrée féminine sur ‘Hover’ et obtient nos faveurs également. Ces deux compositions figurent sur ‘Tidals‘ (Crowquill Records, 2016), l’un de leurs meilleurs opus à ce jour. La prestation de Spotlights s’achève avec ‘Sunset Burial’, beau titre initié par une ligne de basse qui semblerait écrite par Robert Smith et dont la mélodie rappelle Porcupine Tree ou les premiers albums solos de Steven Wilson.

Après cette intéressante mise en oreilles, nous avions hâte de retrouver A.A. Williams, l’autre Dame en Noir de la chanson. La Londonienne tourne beaucoup en ces années post COVID et cela nous réjouit. L’artiste nous propose un univers sombre, mélancolique, délicat, parfois rageur, où le gothique côtoie le romantisme au sens premier du terme, un peu comme si l’on avait mis une bande-son sur l’œuvre d’Edgar Allan Poe.

Assez tôt dans la setlist, nous retrouvons l’un des deux nouveaux titres, ‘Just a Shadow’, très belle pièce mélodique qui alterne puissance et douceur avec de délicats accords de piano. ‘Wolves’, le dernier single, n’est pas bien loin. Un tempo lent sur lequel vient se poser la voix grave et veloutée d’A.A. avant qu’un mur de guitare à la Anathema soutienne le titre jusqu’à la fin de la chanson, de toute beauté. L’émouvant ‘Glitter’ suit, avec l’union harmonieuse des voix, féminine et masculine, des claviers et de la guitare qui réchauffe le corps et l’âme. 

Coups de cœur pour ‘For Nothing’, sa mélodie orientalisante et sa montée en puissance mettant en valeur la voix talentueuse de l’artiste. ‘Melt’ est l’un des titres préférés du public, un chant qui vous fait dresser les poils d’émotion et à nouveau un feu d’artifice final que n’auraient pas renié Vincent et Daniel Cavanagh. C’est le puissant et gothique ‘Evaporate’ qui met le point final à ce concert en format court (1h20, on a l’habitude avec A.A.) mais intense.

Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey

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