En ce 6 août 2026 au Z7 de Pratteln, le voyage commence avec Velvet Rush, se poursuit avec Victory et s’achève avec Rose Tattoo. Trois groupes, trois époques, trois façons d’aborder le rock. Mais avec une envie commune : celle de jouer fort, de jouer vrai et, surtout, de donner du plaisir à ces centaines de fans qui font d’une certaine façon partie de la famille.
Velvet Rush : à surveiller de très près
Velvet Rush entre sur scène avec cette énergie qu’on aime : pas de calcul, pas de retenue. Ça bouge, ça transpire, ça harangue le public.
Et surtout, il y a cette chanteuse. Une présence scénique évidente, de celles qui attirent naturellement le regard. Et une voix puissante. Sandra Lian donne au groupe une vraie personnalité et semble parfaitement à sa place devant un public qui, pour une bonne partie, est probablement venu avant tout pour les deux groupes suivants.
Mais à la fin du set, Velvet Rush n’est plus simplement « le premier groupe ».
C’est une découverte.
Il y a encore du chemin à parcourir, évidemment. Mais il y a cette petite étincelle qui fait qu’on se dit : ce groupe-là, il faudra s’en souvenir.
Parce que l’énergie est là. La présence est là. Les chansons – évidemment – sont là. Et surtout, l’envie est palpable.
Velvet Rush a beau sonner vintage, c’est un groupe d’avenir. Et si les planètes s’alignent, il ne serait pas étonnant de retrouver ces Allemands un jour beaucoup plus haut sur l’affiche.
Victory : la tradition comme on l’aime
Avec Victory, on change de génération et forcément de perspective.
Le groupe représente le hard rock plus ancré dans la tradition germanique. Gros riffs. Gros refrains. Une musique qui n’a pas besoin de chercher constamment la nouveauté pour fonctionner.
Le temps a certes laissé son empreinte sur le line-up : le guitariste Herman Frank (qui a aussi joué avec Accept) est le seul rescapé du line up de la grande époque. Mais c’est le lot de beaucoup de groupes après plusieurs décennies de carrière.
Et au fond, peu importe. Victory joue avec cette efficacité propre aux groupes qui connaissent parfaitement leur terrain de jeu. Pas de révolution, pas de grande démonstration (même si le niveau technique est élevé) : du hard rock de la grande époque (le groupe a connu son apogée à la fin des années quatre-vingt, mais continue de sortir des albums classieux), joué avec conviction. Et avec le sourire d’Herman Frank, manifestement heureux d’être là.
Entre Velvet Rush qui regarde vers l’avenir et Rose Tattoo qui représente une histoire de plusieurs décennies, Victory fait en quelque sorte le lien.
Rose Tattoo : comme si le temps n’avait pas de prise
Puis les lumières s’éteignent.
Rose Tattoo, la tournée d’adieu.
Ces quelques mots suffisent déjà à donner une saveur particulière à la soirée. Parce qu’on a beau se faire enfler plus souvent qu’à notre tour par des pseudo « farewell tour » « last tour » « the end tour », là ça semble légitime de penser que c’est vraisemblablement la dernière occasion de voir sur scène Angry Anderson (lui aussi seul rescapé du Rose Tattoo d’origine). Les fans ne s’y trompent d’ailleurs pas : le stand merchandising est dévalisé, à tel point qu’avant même le concert des Tatts, le merch avait fermé : tout était vendu. Du rarement vu.
Et quand Angry Anderson arrive sur scène, on oublie presque tout le reste.
Parce qu’Angry n’a pas changé. Ce petit bonhomme au crâne rasé et aux tatouages imposants donne l’impression d’avoir été quasiment toujours pareil.
Il y a des artistes que l’on regarde en se disant qu’ils ont vieilli. Et puis il y en a qui continuent leur chemin sans demander au temps la permission de les rattraper.
Angry Anderson appartient à la deuxième catégorie.
La voix, l’attitude, cette façon d’être sur scène… Il y a quelque chose d’intact chez cet increvable rocker australien qui a fêté hier, le 5 août, son 79ème anniversaire.
Et Rose Tattoo n’est pas là pour faire semblant. C’est carré, ça fait taper du pied, bref c’est toujours l’un des meilleurs ambassadeurs du rock de l’autre côté de la planète (avec AC/DC et The Angels, bien sûr).
Alors oui, Rose Tattoo est en tournée d’adieu. Et entre l’âge d’Angry Anderson et la distance qui nous sépare, tout porte à croire que la date de ce soir sera vraiment la dernière venue en Suisse pour le groupe. Mais pas de larmes pour autant : c’est un adieu les armes à la main. Des guitares, de la sueur, de la bière et des décibels. On n’aurait pas voulu ça autrement.
Merci d’être passé nous dire au-revoir, Angry. Et bon vent pour la suite.
Texte et photos : Gilles Simon