C’était la soirée d’Antigel qui nous avait tapé dans l’œil tant nous apprécions l’humour so british et baroque de The Divine Comedy et Neil Hannon, cœur – tête et âme du groupe britannique. La magnifique salle néoclassique de l’Alhambra était le cadre classieux approprié pour ce concert.
Sympathique découverte en première partie avec les Hauts-Valaisans de Sky of Augustine. Joel et Romaine Müller, frère et sœur originaires de Zermatt ont déjà sorti un EP (« In Good Times and Bad » Sophie Records, 2021) et un album (« Ways of Water » Sophie Records, 2024). Accompagnés en live par un ami à la batterie, ils proposent un folk rock délicat dans la veine de The Woodgies. Un peu intimidés, souriants, éminemment sympathiques, ils se mettent le public dans la poche à l’issue des trente minutes de leur prestation.
The Divine Comedy a sorti un treizième album studio l’automne dernier (« Rainy Sunday Afternoon », Divine Comedy Records, 2025) au charme délicieux et parfois suranné, aux textes sombres et profondément humains, aux accents de pop, jazz et music-hall. En présentation du concert, Eric Linder – boss d’Antigel – raconte qu’il a fait connaissance de Neil Hannon à Paris il y a plus de trente ans, tombant immédiatement en amour avec la musique et l’écriture de The Divine Comedy. Ni une ni deux, il a organisé le premier concert du groupe nord-irlandais à Genève en 1994, lequel est revenu par la suite à six reprises dans la cité de Calvin.
Accompagné de six musiciens, Neil Hannon arrive tout sourire sur la scène de l’Alhambra. Elégamment vêtu de sombre, coiffé d’un borsalino noir, il interprète trois titres du dernier album (le sublime ‘Achilles’, ‘The Last Time I Saw the Old Man’ inspiré par son père décédé récemment et ‘Rainy Sunday Afternoon’ qui sonne très sixties). Petite touche d’humour anglais, une table à servir est dressée sur la scène. Neil Hannon va y préparer des cocktails et les offrir à ses musiciens tout en les présentant au public. Aussi originale que cocasse, la démarche déclenche une vague d’hilarité dans la salle.
Les incontournables hymnes du groupe (37 ans de carrière !) ne sont pas négligés : ‘Norman and Norma’, ‘Songs of Love’, ‘At the Indie Disco’, ‘Generation Sex’ ou ‘Becoming More Like Alfie’. Ils ont traversé les décennies et ont gardé tout leur charme. Les fans apprécient et reprennent les paroles avec Neil. On sait le bonhomme francophile, appréciant notamment Serge Gainsbourg dont on retrouve le même soin à la composition et des clins d’œil à la musique classique dans les arrangements. D’un autre côté, on peut tirer un parallèle avec Pulp, un autre grand de la Britpop, dont on retrouve un peu de l’univers de son leader Jarvis Cocker.
Nos coups de cœur vont au subtil ‘I Want You’, au baroque ‘Our Mutual Friend’ et ses violons saccadés, à l’irrésistiblement rock ‘Bad Ambassador’, au doux et nostalgique ‘A Lady of a Certain Age’, ‘Absent Friends’ et son hommage doux-amer aux amis et proches disparus, l’envolée finale de ‘National Express’ accompagnée par le public. Trois rappels avant de quitter l’Alhambra sans filer à l’anglaise : ‘In Pursuit of Happiness’, ‘Invisible Thread’ et les volutes mélodiques du sublime ‘Tonight We Fly’ dont le canon est repris par les fans. Sans aucun doute l’une des plus belles soirées du Festival Antigel de ces dernières années.
Texte : Jean-Blaise JB Betrisey
Photos : Olivier Miche / Antigel Festival
Un grand merci à Olivier pour nous avoir autorisé à utiliser ses photos pour illustrer notre article



