Formé en 2012 dans le comté de Northamptonshire en Angleterre, Temples n’a cessé de monter en puissance et de faire son petit bonhomme de chemin dans le rock alternatif et psychédélique. En juin dernier, le quatuor a sorti « Bliss » (V2 Records), son cinquième album studio, plutôt surprenant et audacieux avec un son plus pop et electro qu’à son habitude. En première partie, Metro Verlaine – sympathique duo d’Evreux – étrenne son tout frais quatrième album (« Rodeorama » V2 Records) sorti ce mois-ci.
Près de quinze ans que Raphaëlle (chant) et Axel (guitare) ont fondé Metro Verlaine, leur projet musical qui fleure bon la new / cold wave et le pop-rock des 80’s. La voix fraîche et sensuelle de Raphaëlle – qui rappelle Françoise Hardy à ses débuts – se pose avec bonheur sur les guitares à la Joy Division ou The Cure. On a particulièrement apprécié ‘New-York City’, ‘Amour d’Eté’ et surtout l’imparable ‘Manchester’ qui a mis en lumière le duo normand à ses débuts. Le public déjà bien nombreux apprécie et lui réserve un bel accueil. Raphaëlle est tout sourire, danse et bondit sur la scène, débordant d’énergie. Espérons que Metro Verlaine reviendra prochainement dans nos contrées pour nous proposer sa musique élégante et entraînante.
Pour son unique date suisse, le « Bliss Euro Tour » de Temples s’est arrêté aux Docks. Le dernier album éponyme sera bien mis à l’honneur avec pas moins de sept titres aux notes electro, fraîches et dansantes rappelant parfois Pet Shop Boys en un peu plus rock. La scène est épurée, habile jeu de clair-obscur avec l’éclairage, l’essentiel est ailleurs. Des samples de chant grégorien résonnent dans la salle lausannoise avant que le quatuor de Kettering n’entame ‘Revelations’ et son thème oriental, récurrent chez Temples. La salle est quasi sold out et le courant passe d’entrée de jeu, les fans se déhanchant et balançant leur tête. La voix haut perchée et délicate de James Edward Bagshaw est envoûtante et fait des merveilles sur le titre suivant, le poppy et entraînant ‘Certainty’. L’imparable ‘Cicada’ aux sons rock indie des 90’s lance le concert à toute vapeur, quel rythme incroyable ! ‘Megalith’ du dernier album prend le relais avec sa mélodie envoûtante qui rappelle New Order. Intro à la basse bondissante pour ‘Glimmer’ qui ne laisse pas de répit aux spectateurs avant de laisser place à ‘Keep in the Dark’ façon ‘Personal Jesus’ de Depeche Mode psychédélique.
On aime beaucoup ‘Jaguar’ et son intro batterie – synthés – petit clin d’œil au ‘Unfinished Sympathy’ de Massive Attack – beau job d’Adam Smith aux claviers / guitare . ‘Gamma Rays’ nous emporte sur un vaisseau spatial et slalome entre les astéroïdes avant que l’on ne redescende sur terre et reprenne nos esprits avec le doux ‘Blue Flame’. ‘Hot Motion’ psychédélique à souhait, nous embobine avec son rythme ensorcelant et refrain comme un mantra, l’un des meilleurs titres de Temples. Retour au nouvel album avec l’electro ‘Vendetta’ et la voix quasi robotique de James, titre taillé pour les dancefloors. Le célèbre ‘Paraphernalia’ repris dans des pubs et génériques soulève la salle avec son thème irrésistible et met un beau sourire sur chaque visage. L’enthousiasme ne baisse pas avec le très réussi ‘Jet Stream Heart’, tube en puissance, avant que le set ne s’achève avec ‘Shelter Song’ et ses accents psychés des 60’s (The Beatles, The Byrds…).
Un petit tour par les coulisses avant deux jolis rappels pour remercier les fans, l’exotique ‘The Golden Throne’ et son refrain qui s’incruste dans votre tête puis l’entraînant ‘Mesmerise’ sur lequel toute la salle se trémousse. Il est clair que Temples a encore de beaux jours devant lui et on le verrait bien, pourquoi pas, ouvrir pour la prochaine tournée de Fontaines D.C. ? A bon entendeur…
Une fort belle soirée anti-spleen pour un dimanche soir d’automne.
Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey