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JUDAS PRIEST + NEVERMORE – Inoxydables !

Compte-rendu du concert du 11 septembre 2026


Dans le cadre de sa tournée Faithkeepers, Judas Priest faisait une halte unique en Suisse. C’était à Berne à la Festhalle le vendredi 11 septembre 2026. Ils étaient accompagnés, comme sur l’ensemble des dates, par le groupe Nevermore.

Malgré plus de 30 ans de concerts à mon actif, c’est étonnament la première fois que je me rends à la Festhalle de Berne. Une salle qui se trouve juste à côté de la PostFinance Arena, la patinoire de l’équipe de hockey locale. Il semble y avoir une longue tradition de concerts rock et metal dans cette salle — avec notamment la venue de Judas Priest en 1979 déjà (je vous laisse faire le calcul du nombre d’années), comme me le rappelait mon collègue Joseph Carlucci avant le concert. Après une longue pause et des travaux de rénovation, la Festhalle est prête pour une seconde vie qui s’annonce sous les meilleures augures avec des dates qui font envie en 2027, notamment In Flames ou encore Megadeth. Je sens que l’on va revenir dans cette salle plutôt deux fois qu’une.

La bonne nouvelle, c’est que l’accès en voiture un vendredi en fin de journée est relativement facile. Pour ceux qui ont l’habitude du contournement de Berne en fin de journée, vous savez à quel point l’excès de vitesse n’est pas à l’ordre du jour. Pour le parking également c’est aisé : vu la patinoire voisine qui accueille régulièrement 16 000 supporters, tout est prévu avec un parking souterrain à proximité. C’est parfait, sous réserve de la surprise finale au moment de payer son ticket à l’automate.

Une entrée fluide également dans la salle qui permet d’accueillir environ 9 000 personnes en temps normal. Ce soir, les préventes ont l’air d’avoir bien marché car la salle est joliment remplie , même si l’on est loin d’être sold out pour autant. Cette date helvétique tombait un vendredi soir, de telle sorte qu’il n’y avait pas vraiment d’excuse. Sans compter que, comme on l’a vu l’année passée avec le décès d’Ozzy Osbourne, il faut profiter de tous ces groupes et artistes légendaires tant qu’ils sont encore avec nous. Après la révérence de Black Sabbath, le représentant du heavy metal classique, c’est  incontestablement Judas Priest et l’on ne saurait manquer la présence du Metal God et de ses acolytes sur nos terres.

La première partie ce soir est confiée à Nevermore, le groupe originaire de Seattle que le guitariste Jeff Loomis a relancé après sa pige de dix ans chez Arch Enemy. Nevermore a le vent en poupe si l’on se souvient qu’au printemps, ils avaient fait la première partie de Megadeth. Il y a clairement des artistes qui savent se placer. Sans surprise, Nevermore fait du Nevermore avec un set ultra précis et très agressif. Sérieusement, allait-on s’attendre à autre chose de leur part ? Le chanteur, Berzan Önen, a une carrure aussi impressionnante que sa chevelure. Le genre de gars qui pourrait protéger la sécurité s’il devait y avoir un souci.

Le second guitariste, bien plus jeune que les autres membres du groupe, s’en sort pas mal du tout. Ça ne doit pas être facile de tenir la guitare à côté de Jeff dans un groupe aussi technique, mais chapeau à lui. Mention également au batteur qui a une vraie belle frappe. La seule chose qui n’est pas au niveau, c’est le son avec un mix brouillon et surtout un volume sonore inadapté à la salle. Bien qu’elle ait été totalement rénovée, l’acoustique ne semble pas avoir été la priorité. Heureusement, l’envie et la puissance dégagées par Nevermore permettent d’oublier cela, le temps que le son soit corrigé pendant le concert. Pas de rappel à l’issue de ce set de 45 minutes montre en main.

La scène est ensuite recouverte d’un immense drapeau à l’effigie du groupe qui reprend les illustrations de l’ensemble de leur discographie. Si la tournée précédente était consacrée au dernier album, Invincible Shield, ce soir c’est annoncé en mode célébration de leur carrière.

Avant que le rideau ne tombe, le public reprend à l’unisson le War Pigs de Black Sabbath, la chanson d’introduction du Priest depuis maintenant un bon paquet d’années. Les premières notes de You’ve Got Another Thing Comin’ ont déjà commencé à sortir des enceintes lorsque la scène se dévoile. Première surprise, car ce titre est traditionnellement joué en rappel. Au moins, cela donne le ton pour la soirée : on aura droit à des classiques, des classiques et peut-être au milieu quelques classiques. A peine le temps de saluer les heavy metal maniacs présents ce que soir que l’on a droit à deux titres de British Steel, l’album qui les avait révélés au grand public en avril 1980. Après Metal Gods, c’est carrément Breaking the Law. Là aussi un titre qui devrait normalement avoir sa place dans un rappel tellement il est emblématique.

Afin de nous aider dans notre mémoire, les écrans à l’avant de la scène affichent les pochettes des albums dont sont issus les morceaux joués ce soir. Une initiative assez pratique pour ceux qui s’y perdent un peu dans la volumineuse discographie du Priest (19 albums studios quand même). Mais est-ce vraiment nécessaire quand ce soir, on nous sert sur un plateau le meilleur de chaque album ?

Rob est dans une forme qui fait plaisir à voir. Pas de canne ni de difficulté à marcher : il arpente la scène en long et en large sans jamais s’arrêter, et il tient le public dans sa poche. A 75 ans, certains cherchent une place dans un EMS, lui il traverse le monde entier pour jouer du heavy metal. Et sa voix ce soir est vraiment bien, sur Desert Plains, il est bluffant. Inoxydable, le Metal God!

Je suis aussi assez admiratif de la manière dont Judas Priest a réussi à apprehender le départ de sa paire de guitaristes. Pas facile de remplacer quelqu’un comme K.K. Downing, puis ensuite Glenn Tipton, alors que c’est précisément ce duo de six cordes qui a beaucoup fait pour la réputation du groupe. Mais le « petit nouveau » Richie Faulkner, qui est là depuis maintenant 15 ans, est absolument parfait dans son rôle. Et le véritable petit nouveau, Andy Sneap, qui a produit leurs disques et a décidé de dépanner de manière durable à la guitare, s’en sort également très bien.

L’enchainement des titres ne suit aucune logique avec une ambiance qui retombe un peu la faute à quelques chansons moins percutantes. Il faut attendre Turbo Lover pour que le public se réveille et donne de la voix. Un titre pourtant très quelconque et que le groupe avait admis avoir composé dans le but de passer sur les ondes américaines. J’aurai nettement préféré qu’ils jouent un ou deux titres de l’album suivant, Ram It Down, totalement oublié dans la setlist. La fin de set permet d’entendre Delivering The Goods et Victims Of Changes, un titre qui fête ses 52 ans, mais aussi un Panic Attack indigne du reste du répertoire.

Un des bonheurs ultimes d’un concert de Judas Priest, c’est de se prendre cette intro incroyable de Painkiller en direct dans les oreilles. Entre la batterie, puis les guitares et enfin les lignes vocales, c’est juste fou. Le set se conclut sur ce petit bijou.

La sono fait entendre la bande du Hellion. Tout le monde sait que cela annonce The Electric Eye, premier titre du rappel. A peine le morceau fini que Rob disparaît pour mieux revenir cravache entre les dents sur une moto dont il fait rugir le motor, gimmick classique des concerts du Priest, que le groupe embraye avec Hell Bent For Leather avant un tout dernier titre issue de British Steel, Living After Midnight. La boucle est bouclée, le concert également ! On peut ranger les battle jackets dans l’armoire jusqu’au prochain concert.

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