Justin Sullivan – Humus & Wine, Aigle- 4 octobre 2025
Justin Sullivan + Lea Martinez – Humus & Wine – 4 octobre 2025
Après un report de deux semaines suite à un souci d’agenda, dont il reconnut d’emblée être totalement responsable, Justin Sullivan, plus connu comme le leader de New Model Army, prenait d’assaut le château d’Aigle ce samedi 4 octobre 2025, armé uniquement de sa guitare et d’un harmonica dégoté pour rien plus tôt dans la journée. Une soirée ouverte par Léa Martinez, après une dégustation des vins d’Alain Emery.
Cette année 2025 sera dure à égaler pour Humus & Wine, tant au niveau des artistes programmées que des lieux investis le temps de soirées mémorables. Après le château de Chillon et les serres de la Bourdonnette, retour dans des fortifications, cette fois-ci du côté d’Aigle pour accueillir Justin Sullivan et Léa Martinez, tous deux à l’affiche en solo.
Un concert assis sur des chaises en bois ou par terre sur des coussins devant la scène pour les plus jeunes (ou plutôt les derniers arrivés). La hauteur de la scène doit bien frôler les huit centimètres, record de la saison pour sûr. En première partie, une artiste suisse que je découvre pour l’occasion. Léa Martinez, à peine installée, nous invite à fermer les yeux pendant qu’elle joue son set. Après un morceau à l’aide d’un petit clavier, elle s’accompagne à la guitare, avec quelques rares loops pour donner un peu de relief à sa musique. Les chansons sont toutes très éthérées, parsemées de quelques arpèges de guitares pendant qu’elle chante, ou parfois murmure, des textes en anglais ou même une chanson en espagnol. L’éclairage est fait avec des pieds de lampe assez incroyables, cela donne un cadre vraiment bien adapté à la musique jouée ce soir. Difficile dans ces conditions d’entrecouper les morceaux par de la vile autopromotion. Il faut donc attendre la fin du set pour qu’elle nous rappelle que son EP va sortir chez Humus Records et que pour le coup elle n’a pas du tout de merch avec elle. Pas de rappel, elle s’excusera presque, vraisemblablement aussi impatiente que nous d’écouter la tête d’affiche.
Guitare à la main et hoodie noir avec capuche sur la tête, Justin Sullivan s’installe tranquillement. Il n’a qu’une guitare avec lui et quelques pédales d’effet, cela va donc très vite. Il disparait ensuite pour mieux revenir avec sa tenue de scène (veston noir et son fameux collier). Il commence par s’excuser en français pour le report de deux semaines de la tête pour laquelle il plaide coupable. Il a surtout l’ait très content d’être là. Cela tombe bien nous aussi. La soirée est bien évidemment complète et il faut saluer le prix ultra raisonnable du billet d’entrée : 29 francs ! Là aussi probablement que le record de l’année est battu. Décidément.
Justin Sullivan passe vite à l’anglais, quand bien même il se débrouille très bien en français, pour nous dire que ce soir, il va d’abord jouer des chansons sur le thème de l’amour. Cela commence avec ‘Rip Tides’, un extrait de son album solo ‘Surrounded’ et des morceaux de New Model Army que l’on n’a pas l’habitude d’entendre avec le groupe comme ‘Strogoula’ ou ‘Marrakesh’. Un concert de Justin Sullivan vaut aussi le détour pour tout ce qu’il nous raconte entre les chansons. Il est capable de parler de n’importe quel sujet, comme le vol disparu MH83 pour introduire ‘Coming With Me’, un des rares morceaux de sa carrière solo joués ce soir. Et il ne faut guère attendre pour avoir quelques commentaires politiques, entre Brexit, MAGA et les groupes d’ultra droite, comme c’est le cas avant une chouette version de ‘Over The Wire’ qui, jouée en acoustique sans l’intro étrange de la version studi,o nous rappelle que ‘Strange Brotherhood’ est quand même un bon album.
Le public ne fait pas un bruit, complétement captivé par la prestation. Et que dire de cette version acapella de ‘Another Imperial Day’, qui est beaucoup plus prenante ainsi dépouillée. Pas beaucoup de groupes avec plus de 40 ans de carrière arrivent encore à sortir des albums dont le niveau n’a rien à envier aux disques qui les ont fait connaître. Sorti en 2016, ‘Winter’ est de cette trempe et ce n’est pas le majestueux ‘Die Trying’ joué ensuite qui me fera affirmer le contraire.
La fin du set est composée de titres de NMA bien évidemment, avec un ‘You Weren’t There’ toujours aussi prenant. Si comme moi vous avez pour habitude de dire que vous n’aimez pas l’harmonica, ce morceau vous fera changer d’avis. Merci au brocanteur local qui s’est décidé à offrir un nouvel harmonica à Justin peu avant le concert, comme il nous l’a raconté en introduction. Cela se termine avec ‘Green & Grey’, qui redonne du rythme à la soirée … pour mieux la terminer sous les applaudissements.
Evidemment, nous avons droit à un rappel. Vu la configuration des lieux, Justin ne pouvait pas vraiment s’échapper donc il s’est exécuté de bon coeur. Mais je crois que lui aussi avait envie que la soirée se prolonge. Le rappel débute ainsi avec ‘Beginning’, sur la démence sénile après une longue introduction et la soirée se termine sur une splendide version de ‘Winter’. On aurait bien voulu que cela dure toute la nuit !
Galerie Justin Sullivan
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Justin Sullivan – Aigle 2025 02 Photo by Alex Pradervand
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Justin Sullivan – Aigle 2025 03 Photo by Alex Pradervand
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Justin Sullivan – Aigle 2025 04 Photo by Alex Pradervand
Galerie Léa Martinez
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Lea Martinez – Aigle 2025 01 Photo by Alex Pradervand
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Lea Martinez – Aigle 2025 02 Photo by Alex Pradervand
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Lea Martinez – Aigle 2025 03 Photo by Alex Pradervand


































