Depuis plusieurs années, chaque événement Humus & Wine est la promesse de soirées vraiment particulières et réussies. Il y d’abord ce choix original de coupler musique et vins locaux, avec une dégustation des œuvres d’un ou d’une vigneron.ne de la région avant les concerts.
A cela s’ajoute la découverte également de lieux uniques qui accueillent rarement des concerts, voire certainement jamais. Après le Château de Chillon (oui, rien que cela) au printemps, ce sont cette fois les serres de la Bourdonnette, qui ont dû lâcher la couleur verte au profit du noir. Les serres de la ville de Lausanne, qui présentait ses vins pour l’occasion, autant dire qu’elles n’ont pas été conçues pour des concerts, mais le charme est évidemment là. Comme quoi, « la culture », cela peut avoir plusieurs définitions compatibles entre elles. Il faut aussi souligner qu’il n’est pas désagréable de temps à autre de ne pas se retrouver dans une cave mal éclairée pour écouter de la musique sombre.
Au sud de la ville, entre le cimetière du Bois-de-Vaux et l’Université de Lausanne, une grande serre, qui a visiblement terminé ses fonctions pour la saison, est ainsi ouverte sur les côtés et à l’arrière. Une aération bienvenue pour permettre d’évacuer un peu la chaleur étouffante de ce samedi 20 septembre 2025, a priori le dernier jour de l’été sauf changement de météo ces prochains jours.
Premier groupe à l’affiche à 18h45, Lone Assembly faisait déjà serre comble. Manifestement, le public était venu pour eux aussi et cela se comprend aisément si on a écouté leur musique. Le show est introduit par la chanson de Patsy Cline, ‘Three Cigarettes in an Ashtray’ avant que le groupe au complet ne rentre dans la serre par l’arrière. Difficile de jouer en plein jour avec le soleil dans le dos, surtout quand on décide de ne pas adapter sa tenue aux conditions particulières du jour (pantalon noirs, chaussures en cuir, …), mais au final juste un détail qui ne les a pas empêchés de livrer un set très convaincant. La voix du chanteur Raphaël Bressler sonne incroyablement bien. Elle me fait beaucoup penser à celle de Tom Smith des Editors et je suis bien bluffé par le niveau affiché. Les trois autres gars sont bien en place eux aussi et les 45 minutes octroyées défilent beaucoup trop vite. Une douzaine de morceaux sans rappel entrecoupés par les remerciements répétés du groupe au public, aux autres artistes à l’affiche et à l’organisation. A l’évidence, ils étaient vraiment heureux d’avoir été conviés à cette soirée. Cela tombe bien nous aussi.
Juste le temps de profiter des vins au bar que Peter Kernel est déjà prêt à prendre le deuxième slot de la soirée. Toujours au format trio avec leur batteur victime du même running gag depuis des années sur sa vie sentimentale compliquée. La dernière fois que je les avais vus c’était en ouverture de Thurston Moore au RKC juste après la fin du Covid et on en parlait déjà. Il faut dire que les concerts de Peter Kernel sont incroyablement drôles. On est quasiment dans le stand up entre les chansons. Dur de faire plus délicieux qu’un accent tessinois de musiciens qui s’expriment en français avec maladresse. Même les quelques soucis de pédales pour la basse de Barbara se terminent en plaisanteries, Aris en profitant pour demander aux gens s’ils voulaient en profiter pour poser des questions. La serre est pleine à craquer. Pas de pente donc, vaut mieux être devant, mais malgré cela tout le monde trouve son compte. Le public est invité à participer, que ce soit pour danser sur scène ou faire des percussions (deux valeureuses personnes auront répondu présentes pour le coup), même les quelques enfants présents. Le groupe n’oubliera pas de remercier le public pour sa présence, les autres artistes et le staff, mais également de dire merci pour le vin qui est très bon selon Barbara. Une bonne heure de musique alternant rock, garage et punk, qui passe elle aussi beaucoup trop vite. On avait presque cru à un rappel, mais non.
L’avantage majeur d’être un duo classique de type coldwave/shoegaze en tournée, c’est la boîte à rythmes. Pas besoin de trimballer une volumineuse batterie, ni donc de devoir l’installer sur scène. Le duo anglais The KVB sera ainsi tellement vite d’attaque qu’il commencera son set avec quasiment dix minutes d’avance sur le programme. Sans évidemment que cela ne pose de problème puisque tout le monde est au bar à boire du vin à proximité immédiate. Il fait désormais totalement nuit et heureusement moins chaud. Le groupe profite de conserver cette obscurité en jouant pratiquement sans éclairage, au profit de leur rétroprojecteur qui fait défiler diverses animations plus ou moins abstraites, reprenant ainsi un peu l’artwork de leurs disques. La setlist semble discutée entre les morceaux même si Nicholas a la liste des chansons coincée sous son rack de pédales. C’est beaucoup plus planant que les allumés de Peter Kernel, parfait pour un atterrissage en douceur, avec une musique pleine d’émotion emmenée surtout par la voix de Nicholas. La fin de set est sans surprise dédiée aux classiques avec ‘Medication’ et ‘Dazed’, qui permettent à Kat de lâcher un peu ses machines pour chanter pleinement. Pas de rappel après ce dernier titre, malgré les acclamations du public. Avant de sortir de scène, le groupe annonce qu’il n’y aura plus de concert pendant un certain temps car les deux musiciens vont être parents, suscitant là aussi une salve méritée d’applaudissements.
Galerie The KVB
Galerie Peter Kernel
Galerie Lone Assembly



