2026, l’année des come-backs ? Comme Sugar – que les Docks proposent le 17 juin prochain -, 16 Horsepower était en veille depuis une longue, très longue, trop longue période. 21 ans plus précisément ! On a encore dans nos mémoires sa prestation de feu au Miles Davis Hall, dans le cadre du MJF 2004, un concert totalement immersif. Seule étape suisse de la tournée européenne, les Docks étaient complets depuis belle lurette pour la venue de la formation de David Eugene Edwards (DEE).
Pas de première partie, comme pour mieux concentrer les sombres huiles essentielles de 16 Horsepower dont les textes raclent l’âme et le cœur humain ou s’enflamment dans des visions bibliques transfigurées comme un certain Nick Cave. DEE chante et joue (guitares, bandonéon, banjo…) assis sur un tabouret, comme à son habitude. Il est entouré des deux autres membres fondateurs, les Français Pascal Humbert à la basse et Jean-Yves Tola à la batterie. Pour l’occasion, Chuck French – guitariste de Wovenhand (l’autre projet musical de DEE) – a rejoint le trio et donne davantage de puissance à la musique du groupe en live.
Le concert débute avec un classique, ‘I Seen What I Saw’, qui enflamme la salle lausannoise en moins de deux accords. Lightshow discret mais efficace, projection d’une image en arrière-plan de la scène en accord avec le titre interprété, l’essentiel est vraiment focalisé sur la musique. DEE interprète presque tous ses titres le yeux mi-clos, vivant sa musique tripes et âme. Une jambe déposée sur l’autre, il agite son pied botté, parfois frénétiquement, comme si un crotale cherchait à s’en échapper. Le son est impeccable, la cohésion entre les musiciens parfaite.
On a adoré l’imparable ‘Brimstone Rock’, le somptueux ‘Splinters’, l’endiablé ‘American Wheeze’ sur lequel DEE fait chavirer le public avec son bandonéon entêté que l’on retrouvera plus tard sur ‘Harm’s Way’. ‘Black Soul Choir’ et son banjo entraînant sur une mélodie fleurant New Model Army, tout comme le titre suivant, ‘Black Bush’. ‘Phyllis Ruth’ et son ambiance moite et fiévreuse à la Nick Cave emboîte le pas. Le set s’achève avec l’intense et superbe ‘Poor Mouth’ avant une série de trois rappels dont le mythique ‘For Heaven’s Sake’ en point final.
Il ne faudra pas manquer le passage de David Eugene Edwards & support en novembre prochain, en principe trois dates suisses – 12.11 au Bogen F à Zurich (billets en vente sur Petzi), 13.11 à Pully (à confirmer) et 14.11 à Martigny (à confirmer).
Texte et photos : Jean-Blaise ‘jb’ Betrisey